‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 198 sur 275 · Tome IH · texte numérisé non relu

Tome IH

Le supplice de Chalier fut affreux; voici les détails donnés par M. Balleydier, t. I, p. 3o6 :

Par une bizarrerie providentielle, pour réaliser peutêtre ces paroles de l'Evangile : Celui qui tirera l'épée périra par l'épée^ Chalier devait ce jour-là essayer le premier l'instrument de mort qu'il avait fait venir lui-même de Paris. L'exécution de sa sentence fut accompagnée de circonstances atroces, par suite du mauvais état de la fatale machine et l'inexpérience du bourreau. Trois fois le couteau, glissant sur le cou du condamné, lui fit d'horribles blessures. Frappé d'un premier coup, inondé de sang, le malheureux criait au bourreau : Attache donc une cocarde sur ma poitrine, je meurs pour la liberté. L'exécuteur des hautes œuvres se vit obligé de recourir à son couteau pour achever la séparation de la tête avec le corps.

La fin courageuse et cruelle de Chalier l'éleva comme Marat au rang de martyr de la liberté. Les sans -culottes s'emparèrent de son nom comme de celui de Marat. Les Lyonnais le donnèrent à la rue St-Dominique, et nous le verrons porté par un Bugiste, beaucoup trop patriote.

Les Bugistes, plus enthousiastes que 4es Bressans, accueillirent la nouvelle constitution comme la panacée. Dans une réunion du 1 6 juillet, le conseil général de la commune de Belley annonça aux représentants qu'elle serait acceptée avec une

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