CHAPITRE V
glorieuse unanimité dans les assemblées primaires et termina son adresse par cette superbe déprécation :
« Puisse cette Constitution être longtemps Tidole des Français ; puissent vos successeurs la développer par des règlements sages ; puisse-t-elle embrasser le monde, devenir la Constitution du genre humain, et ramener partout le règne des lois et le bonheur 'l'j !
Cette adresse fut signée par les citoyens, Brillât- Savarin, maire \ Dumolin, Balme, Roux, Cerdon GuiLLOT, Sevoz, officiers municipaux ; Barquet
FORNIER, JORDAND, PoNSARD, MOLLAT, RiCHE, BeR
Lioz, Slmoxard, Larochette, Fontanier, Monier Chabert, Vuillerod, membre du Conseil général Parrat- Brillât, procureur de la commune ; Dumo LIN, receveur^ et Brun, secrétaire.
Le même jour, lô juillet, les habitants de Bourg se réunirent en assemblée primaire pour l'acceptation de Tacte constitutionnel. Gauthier-des-Orcières profita de cette occasion pour répandre un petit compte-rendu de sa conduite.
Depuis cinq ans, vous m'avez jugé digne de votre confiance, dit-il à ses concitoyens... On veut vous persuader
(i) Arrêté du Conseil général de la commune de Belley, séance publique du ï 6 juillet lygS, suivi de l'adresse. Bellcy, 1793, 4 p. in-4*. — Ph. L. D.
aujourd'hui que je m'en suis rendu indigne, que j'ai favorisé l'anarchie et les massacres de Lyon du 29 mai, ou, du moins, que je ne les ai point empêchés, et que ma fortune s'est accrue prodigieusement aux dépens du trésor de la République.
Ces inculpations atroces et ces faussetés insignes sont répandues avec profusion ; elles peuvent égarer les vrais patriotes en les trompant sur mes véritables sentiments...
Deux mots suffisent pour ma justification, parce que les détails immenses de la partie administrative de l'armée des Alpes ne me laissent pas un moment pour entrer actuellement dans des détails.
Je vous dirai seulement qu'à mon arrivée à Lyon, j'ai fait tout ce qui dépendoit de moi pour ramener la paix et prévenir l'effusion du sang ; qu'en vain j'ai, demandé, de concert avec mon collègue, aux sections de Lyon, une pétition signée sur les griefs qu'elles avoient contre la municipalité. Elle nous fut même refusée avec obstination ; il ne nous fut donc pas possible de prononcer la destitution de la municipalité et de prévenir des malheurs. Je vous dirai qu'en vain nous avons exposé mille fois notre vie pour porter des paroles de paix parmi les combattants; que rien ne put alors calmer la fureur des esprits... (i)
Nous ne suivrons pas Gauthier-des-Orcières dans ses explications sur sa fortune. Il nous serait impossible de les contrôler.
Quant à sa conduite dans la Journée du 29 mai,
(i) GAVTmKn, représentant du peuple Français près l'armée des Alpes à ses concitoyens réunis en assemblée primaire pour l'acceptation de la constitution le 1 6 juillet /ygS, l'an second de la République française, au quartier général à Grenoble. S. 1. n. d. 8 p. in-8, — Ph. L. D.