CHAPITRE V
nous Tavons exposée au chapitre vi de la x^ Epoque. Les documents que nous avons cités contredisent ses affirmations. Elles sont aussi contredites par ceux qui suivent. Si l'on nous objecte qu'ils émanent des rebelles, il est difficile d'admettre, répondrons-nous, qu'un homme irréprochable soit traité avec un tel mépris, même par ses adversaires.
Les Lyonnais persistaient dans leur résistance à la Convention démembrée. « Nous n'avons pris les armes, disait Camille Jordan, que pour la défense de la liberté ; car, Lyonnais, nous sommes les fils de cette race d'hommes magnanimes qui s'estimaient heureux de mourir en combattant les soldats de Rome, pour ne point se laisser attacher au char du triomphateur. Nous aussi, citoyens, nous serons heureux de mourir comme nos pères dans toute notre indépendance, plutôt que de subir le joug honteux des triomphateurs d'une assemblée qui n'est plus nationale, et que nous repoussons comme traîtres à la nation (i). »
Gauthier-des-Orcières, qui s'était platement soumis aux vainqueurs du 29 mai, n'avait pas tardé à reprendre son attitude hostile et, avec le concours de Dubois-Crancé, avait écrit une longue
(i) Hist. du peuple de Lyon, par M. Balleydier, t. I.p. 274.
lettre aux administrateurs de Rhône-et-Loire pour leur faire accepter la constitution. La commission populaire répondit par l'arrêté suivant :
République une et indivisible, résistance a l'oppression, représentation nationale, libre et entiere (l).
Commission populaire républicaine et de salut public du département de Rhône-et- Loire.
Dans sa séance du 12 juillet lygS, la Commission populaire, républicaine et de salut public du département de Rhône-et-Loire, ayant pris communication d'une lettre de Dubois-Crancé et de Gauthier aux administrateurs de ce département, a vu avec le sentiment de la plus vive indignation le langage hypocrite et imposteur de ces deux représentants du peuple ; et considérant qu'il importe à la sûreté générale de faire connaître le caractère perfide de ces hommes qui ont allumé le feu de la discorde civile dans la ville de Lyon, de ces hommes de sang qui trahissent la patrie et qui, pour satisfaire leurs passions particulières, affaiblissent nos armées devant un ennemi redoutable, cherchant à égarer nos braves défenseurs et à les encourager à tourner contre leurs propres concitoyens des armes que la patrie ne leur a confiées que pour s'en servir contre les tyrans et leurs satellites ;
Considérant qu'il est utile et bon de prémunir nos frères de l'armée des Alpes et ceux des départements voisins contre les suggestions perfides de ces mandataires infidèles ;
A arrêté que :
La lettre de Dubois-Crancé et Gauthier sera imprimée
(1) Ceue devise indique parfaitement le sens de la rébellion lyonnaise.