‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 205 sur 275 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

leurs biens et à venger ses représentants, Gauthier-des-Orcières et Dubois-Crancé, du mépris de la commission populaire.

Lorsque les délégués de TAin se présentèrent avec ceux du Doubs et du Jura, les Lyonnais n'étaient plus aussi fermes dans leur projet de résistance, et cela se comprend : les départements de l'Est avaient désarmé; ceux du Midi succombaient dans la lutte ; et les bataillons marseillais qui étaient attendus avaient été arrêtés en chemin ; un Jeune officier d'artillerie, Napoléon Bonaparte, les avait chassés d'Avignon et mis en déroute par la précision de son tir : c'était sa première victoire, remportée malheureusement sur des Français, et au profit des Jacobins.

La ville de Lyon était donc réduite à ses seules forces, par la défection ou la défaite de ses auxiliaires. iMoins sûre du succès de sa défense, ou pour rendre l'attaque plus odieuse, elle finit par accueillir les conseils de soumission donnés par nos délégués.

Le 22 juillet, les administrateurs lyonnais signèrent leur rétractation : « En nous conformant à la loi, disent-ils, nous devons jouir de sa protection. Nous prions la Convention de prononcer sur notre rétractation et de retirer les décrets qui nous concernent. »

Les représentants Brunet et Rouyer, gardés à

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vue dans la ville, mais fort bien traités du reste, transmirent cette pièce par un courrier extraordinaire, et en même temps ils écrivirent à leurs collègues de Tarmée des Alpes de suspendre toutes dispositions hostiles.

Que fit la Convention ? L'un de ses membres, le fougueux Bentabolle, s'écria : « Les Lyonnais sont malades ; ils ont peur. »

Que firent les proconsuls militaires ? Dubois- Crancé répondit dédaigneusement que des rebelles à la loi n'appartenaient pas à la famille de la France ; et, non content de détacher immédiatement de l'armée des Alpes quinze bataillons et six cents chevaux, il lança dans les départements de l'Isère, de l'Ain, de la Haute-Saône et de Rhône -et-Loire une proclamation qui se terminait par cet appel aux armes : « Aux armes, citoyens ! aux armes ! les lois sont méprisées, l'humanité est violée, la liberté est en péril, aux armes ! nous vous attendons avec l'armée aux portes de Lyon ! »

Les Lyonnais flétrirent cet appel à la guerre civile par un noble appel à l'union de toutes les forces de la patrie contre les ennemis du dehors :

Le salut de la République vous interdit cette guerre (la guerre civile). Soyons vrais, citoyens, la crise où nous sommes est alarmante. Vers les Pyre'nées un despote qu'on disait imbécile pénètre dans nos foyers et souille la

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