‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 206 sur 275 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

terre de la liberté. Du côté des Alpes, des monts escarpés que la nature nous a donnés pour remparts, nos dernières victoires nous échappent : notre armée se perd sur les rochers de la Sardaigne. Vers le nord, Mayence capitule, Condé se rend, Valenciennes semble disparaître. A l'occident, des hommes superstitieux et idolâtres d'un trône semblent acquérir des forces quand on parle de défaites. Les ondes de la mer se courbent sous le poids des flottes ennemies. Quelle position 1 Pour braver ces efforts combinés, nous devrions être unis, ne former qu'un faisceau ; devant notre union viendroient se briser tous les traits de nos ennemis ; et cependant on cherche à allumer la guerre civile, on arme le département ; au lieu de réunir tous les cœurs, on exaspère toutes les passions. Citoyens, vous prêterez-vousàce système destructeur ? Laisseriez-vous nos frontières dégarnies pour enchaîner de vrais républicains?... Il s'agit peut-être du sort de toute la République, pesez nostonsidérations. Nous portons l'olivier de la paix et des armes : l'olivier de la paix sera offert à tous les vrais républicains ; nos armes nous serviront de défense contre quiconque voudrait nous asservir (i).

Le peuple ayant accepté la constitution dans ses assemblées primaires du 3o juillet, la commission populaire républicaine, d'accord avec les administrateurs, fit présenter à la Convention par quarante délégués une adresse ainsi conçue : Citoyen Président,

En conformité de la loi, nous adressons ci-joint à la (convention nationale le procès verbal d'acceptation et de

(i) Cette citation et les précédentes sont empruntées à M. Balleydier, Ilist. du peuple de Lyon, t. I, ch. xxvn.

proclamation de l'acte constitutionnel dans la ville de Lyon. Puisse-t-il servir de réponse à toutes les calomnies qu'on a répandues contre cette cité, et prouver à la France entière la pureté de nos principes, et notre attachement à la loi, à la liberté, à l'égalité, à l'unité et à l'indivisibilité de la République 1 et puissions-nous enfin n'avoir plus à jious occuper des dispositions hostiles dont nous menacent et nous environnent, en exécution des décrets de la Convention, les représentants du peuple près l'armée des Alpes et ceux qui se trouvent à Mâcon ! Agréez, etc. (i).

La Convention se contenta de renvoyer cette pièce à son comité de salut public, qui n'interrompit point ses préparatifs de guerre. « Une concession tardive, dit M. Balleydier, ne suffisait plus*, la Convention devait nécessairement attaquer la ville rebelle. » Nous ne partageons pa-s cette appréciation : la soumission des Lyonnais, quoique tardive, était parfaitement acceptable *, la Convention devait à tout prix éviter la guerre civile et réserver ses forces pour la défense du territoire.

Les réquisitions pour le siège pleuvaient déjà sur notre département. On lui demandait coup sur coup des soldats et des grains, et on le prévenait qu'un camp de seize mille hommes, dont les pre-

(i) Lyon en 1793, par P. xM. G., p. 23.

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