‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 207 sur 275 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

miers bataillons arriveraient le 3o juillet, serait établi près de Bourg.

Le Directoire de l'Ain publia précipitamment deux arrêtés, le 27 et le 28 Juillet.

L'arrêté du 27 informait que l'armée des Alpes devait être renforcée de 3 200 gardes nationaux, que le contingent de l'Ain était fixé à 1200, que chaque district aurait à fournir, savoir : Bourg 262 hommes, Belley 146, Châtillon-lès-Dombes 92, Gex 85, Nantua 1 14, Montluel 102, Pont-de- Vaux i35, St-Rambert i3o, Trévoux i3o; et que les 1200 gardes nationaux devaient être rendus à Bourg le 4 août (i)-.

L'arrêté du 28 invitait quatre districts à fournir sans retard 2000 quintaux de froment, savoir : Bourg 900, Pont-de-Vaux 5oo, Châtillon-les- Dombes 3oo, Trévoux 3oo; prescrivait aux Directoires de districts de prendre leurs mesures en conséquence et leur recommandait de faire procéder par des commissaires au recensement des grains dans les maisons de chaque cuhivateur, marchand ou propriétaire , en laissant à chaque ménage une provision de blé, calculée à raison d'une ânée du poids de 440 à 460 livres par personne (2).

(0 Arrêté du Directoire du départ, de FAin, portant appel de dou^e zents ho r.mes de la garde nationale. Du 27 juillet ijgS, l'an 2' de la République, une et indivisible. 4 p. 111-4.°. — Ph. L. D.

(2) Extrait du procès-verbal des séances du Conseil permanent du départ, de l'Ain, du 28 juillet ijgS, l'an 2» de la République.Yïlldvàn- ;he. 1793, 8 p. in-4». — C»« D.

38o ONZIÈME ÉPOQUE.

Nos administrateurs n'avaient pas grande confiance dans l'efficacité de ces dernières mesures, d'autant que les représentants Reverchon et Laporte, en résidence à Mâcon, près d'une division de l'armée des Alpes, se plaignaient déjà du manque de grains sur les marchés de St-Laurent et de Pont-de-Vaux.

Quant à la réquisition de gardes nationaux, le registre municipal de Bourg nous fournira bientôt de curieux renseignements. En attendant, racontons un épisode des préliminaires du siège.

Un médecin de Lyon, honorablement connu, le docteur Martin aîné, originaire de St-Rambertde-Joux, avait pris le parti des rebelles, c'est-àdire des honnêtes gens, dans la journée du 29 mai ; il avait même écrit sur cette journée le rapport présenté parles sections au conseil général de la commune provisoire. C'était plus qu'il n'en fallait pour être immolé par les Jacobins, si le siège leur rendait le pouvoir.

Sa famille trembla pour ses jours. Sa sœur et son beau-frère, le médecin Baron, étant allés à Lyon pour affaire, le virent, l'accablèrent d'instances et le décidèrent à se réfugier en Bugey. De plus, son beau-frère, grand admirateur de Chalier, lui reprocha sa conduite girondine, combattit par

Page 1