‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 208 sur 275 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

« de fortes raisons les faux principes « dont il était imbu, et lui fit promettre d'abjurer ses erreurs dès qu'il serait à St-Rambert.

Ainsi d'accord, et le docteur Martin s'étant muni d'un laisse^-passer qu'il avait obtenu de la section de Marseille, sous prétexte d'aller porter ses soins à sa mère et à sa sœur malades, tous trois se mirent en route à la fin de juillet. « Arrivés à St-Rambert le même soir, dit le médecin Baron, mon beau-frère soupa chez moi, et, dès qu'il fut retiré chez sa mère, il fut sommé de se rendre à la municipalité. On lui lut son mauvais écrit ; criminel en effet, il le reconnut, témoigna son vif repentir et se rétracta verbalement. Puis il fut décidé qu'il serait incarcéré ; moi-même je demandai sa translation subite au fort de Pierre-Châtel, ce qui fut fait dans la même nuit (i). »

Nous avons quelque doute sur la réalité de cette rétractation verbale, et nous avons peine à croire que le docteur Martin ait écrit lui-même la rétractation imprimée que voici :

Je déclare, sans qu'aucun motif de passion, d'intérêt ou de crainte m'y porte, que je rétracte entièrement tous les faits consignés dans le rapport rédigé par moi au nom des trente-deux députés des sections de la ville de Lyon. ..

Je reconnais que j'ai été induit en erreur par les dis-

d) Exposé véridique et détaillé de la conduite des représentants Gouly et Gauthier. M. s. in-folio de 32 p. portant le timbre de la Convention et la date du 8 thermidor an II. — C" D.

cours astucieux de plusieurs membres appartenant au parti de la Plaine...

Les décrets de la Convention sur la ville de Lyon, l'horreur que m'a toujours inspirée la moindre apparence de guerre civile, les renseignemens que mes parens et mes amis m'ont fait parvenir, ont achevé de me dessiller les yeux.

Dès lors j'ai souhaité ardemment de sortir de Lyon...

Maintenant que je suis en liberté, je déclare que je n'ai exercé aucunes fonctions publiques dans la révolution de Lyon, autres que celles relatives à mon état de chirurgien major de la Charité...

Je livre ceux qui ont si indignement abusé de ma bonne foi et de l'inexpérience de ma jeunesse à tous les remords qu'ils doivent déjà sentir.

Enfin j'accepte la Constitution, je reconnais la Convention nationale, je jure obéissance à ses décrets, et je promets d'employer les facultés de mon esprit et les forces de mon corps pour le maintien de la République.

Martin, chirurgien major de la Charité.

Du 29 juillet 1793, l'an II de la République française, une et indivisible (i).

Cette rétractation nous paraît être Tœuvre du médecin Baron. Nous supposons même qu'elle fut imprimée par anticipation, car on fait dire au docteur Martin quMl jouissait de sa liberté, ce qui s'est trouvé inexact, puisqu'il fut arrêté le soir même de sa sortie de Lyon. Ce document ne saurait donc nuire à la mémoire. de Fhabile chirur-

(i) Le citoyen Martin, chirurgien-major de la Charité de Lyon, à sei concitoyens, S. L. 4 p. in-4°. — C": D.

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