‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 209 sur 275 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

gien, et témoigne que Teffervescence démocratique n'avait pas étouffé dans Baron tout sentiment de la famille.

On n'en peut dire autant de Gauthier-des- Orcières. Celui-ci traita de crime la bonne action de Baron; il l'accusa, le 4 thermidor an II, d'avoir « tout tenté pour soustraire son beau-frère Martin, l'un des principaux agens de la rébellion lyonnaise ; » il osa lui rappeler que lui, Baron, l'avait sollicité de rendre la liberté à son parent et que lui, Gauthier, avait repoussé sa demande et avait fait « transférer Martin dans les prisons de Grenoble pour empêcher son évasion (i). »

Le patriote Baron, qui ne voulait pas qu'on suspectât son dévouement républicain, s'empressa de répondre, le 8 thermidor :

Eh bien ! de quoi m'inculpe donc le citoyen Gauthier ? D'avoir, douze à quinze jours avant le siège de l'infâme Lyon, enlevé un homme qui peut-être, sans moi, y serait resté pour la défense de cette ville rebelle ? d'avoir privé les séditieux de celui qui était un de leurs chefs? d'avoir cherché à convaincre et peut-être d'avoir convaincu mon baau-frère de ses erreurs ou de ses crimes ? Je n'ai point "VU Gauthier à Grenoble ; je n'y ai vu que sa femme qui était avec les nommés Sibuet et Rivail, gendre du scélérat Duhamel (on se rappelle que scélérat était synonyme de fédéraliste). Je n'ai jamais songé à faire évader mon beau-

0 Gauthier., représentant du peuple à la Convention nationale, etc., déjà cité, p. 20 et 21.

frère ; j'ai toujours dit, j'ai toujours écrit soit à Gauthier, soit à Amar que Martin, à qui j'a,vais connu un cœur bon, pouvait avoir été induit en erreur, étant dans une ville pleine d'aristocrates qu'il était obligé de voir par état; que, si cela était, on pouvait avoir égard à sa jeunesse, à ses talens dans la chirurgie et à ce qu'il était sorti de Lyon plusieurs jours avant le siège; qu'au contraire, s'il était coupable par malice et avec connaissance de cause, la République m'était plus chère que lui, et que sa tête devait tomber sous le glaive de la loi (i).

Le plus clair de cette polémique, c'est que le proconsul Gauthier n'avait pas la moindre indulgence pour ses compatriotes, même pour ceux de son parti ; ce qui, du reste, ne doit pas nous étonner, puisque nous l'avons vu donnant l'ordre à un bataillon de traiter sa ville natale comme une ville rebelle.

(i) Exposé véridique et détaillé de la conduite des représentants Gouly et Gauthier, ms. déjà cité.

DU ler AOUT AU 12 OCTOBRE 1793

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