‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 21 sur 275 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Lettre deM.Dandelin aux Amis de la Constitution de Bqurg. Entrée des armées coalisées, 20 août J-92. CapituL.tion de Longwy et Verdunsur-Meuse. Les V'ierges de Ve dun. — Lettre du président du Directoire de l'Ain au député Thomas Ribmd, 26 août. — Elections à la Convention nationale. Mot deCarra ; discors du président de l'Assemblée primaire de Belley. Factum de Blanq-Desisles. Noms des députés de l'Ain. — Les journées de septembre ; récit de M. Terrier de Loray : visites domiciliaires à Paris, incarcératio i des suspects, massacres dans les prisons. Dévouement de 3/"« de Sombreuil. Assassinat de la princesse de Lamballe. Supplice de la Belle Bouquetière. — Les instigateurs des massacres. Réflexion. — Lettre de Thomas Riboud.

Le troisième bataillon des volontaires de l'Ain était à Schlestadt. Son lieutenant-colonel, M. Dandelin, commandant militaire de la ville, écrivit aux Amis de la Constitution de Bourg la lettre suivante, qui fut imprimée par ordre du Conseil général du département :

Schélestadt, le i5 août 1792, Tan 4* de la liberté.

Je m'empresse à vous apprendre que je viens de rece-

•vcir une lettre de Tarme'e, par laquelle on m'annonce que

l'ennemi a repassé le Rhin, et qu'il s'est retiré sur Man-

heim, à quatorze lieues de sa position, et qu'il paroît qu'il

I n'entreprendra plus rien cette campagne, et à plus forte

I raison la suivante; qu'avant son départ nous lui avons

I enlevé 5oo hommes, 220 chevaux et 6 pièces de canon,

kl.

3o HUITIÈME ÉPOQUE.

sans tirer un seul coup de fusil. Je viens de lire aussi une autre lettre de l'armée du centre, qui dit que le plus grand trouble règne dans l'armée qu'ils ont en face ; que les Prussiens reprochent aux Autrichiens de les avoir fait venir de i5o lieues pour mettre la paix en France, et qu'on les recevroit h bras ouverts, tandis qu'à chaque poste ils trouvent des hommes plus que braves et qui se battent quatre contre douze, et demandent en conséquence à s'en retourner chez eux. D'un autre côté, on nous apprend la déchéance du Roi, et il ne paroît pas que cela fasse grande sensation aux troupes ; il y a même des régimens qui s'en réjouissent beaucoup, et pour cette fois, il faut croire que cela ira, et même fort bien.

Dandelin.

Imprimée par ordre du Conseil général du département de l'Ain.

Brangier, secrétaire (}).

Ces nouvelles de la guerre n'étaient pas fort exactes.

L'armée prussienne , partie de Coblentz, le 3o juillet, avait traversé la Moselle à Trêves, le 5 août, et s'était accrue, le 8, du corps des émigrés comprenant quatre mille cavaliers commandés par le maréchal de Castries et huit mille fantassins. Le i8, elle fit sa jonction avec le corps autrichien du général Glerfay ; dès lors elle forma une masse de près de cent mille hommes. Le

(i) Copie de la lettre -adressée à la Société des Amis de la ConstiLution'ï de Bourg, par M. Dandelin, lieutenant-colonel du troisième bataillon^ des Volontaires nationaux du départ, de l'Ain, et commandant militaire] de Schéleitadt. Bourg, 1792, î p. sur feuillet double in-8. — H. Glorja>J

Page 1