CHAPITRE II. \ 3l
20 août, le duc de Brunswick et le général Clerfay investirent Longwy, qui capitula le 23. A la nouvelle de cet échec, grande colère de nos représentants et décret punissant de mort tout citoyen qui parlerait de rendre une ville française.
Le 28, Tarmée prussienne, laissant à sa droite Alontmédy que bloqua un corps autrichien , s'avança sur Longuyon, arriva le lendemain à Etain, campa le 3o sur les hauteurs de Verdun, et investit cette ville le 3i. Le 2 septembre, après un bombardement de quinze heures, et malgré le terrible décret contre les capitulations, "^^rdun capitula, sous la pression des habitants.
Le commandant Beaurepaire, désespéré, se fit sauter la cervelle non en plein conseil de guerre, comme on Ta dit, mais dans la chambre qu'il occupait à l'hôtelde-ville (1).
Les royalistes, au contraire, satisfaits d'un résultat qui présageait la prochaine délivrance de Louis XVI, envo3'èrent au camp ennemi une députation de quatorze dames dont sept jeunes filles, pour offrir au roi de Prusse une magnifique corbeille de fleurs et de dragées 2^. Telle fut la cause de rhorrible condamnation qui fit tomber à Paris
{i] Mortimer-Ternaux. Hist. de la Terreur, t. iv, p. 146. .^ (2) Dans l'interrogatoire elles déclarèrent qu'elles étaient allées au camp prussien par pure curiosité, et qu'elles n'avaient point offert de drarées au T>i Guillaume. Voir la note x. tome iv de YHitt. de la Terreur, par M. Mortimer-Ternaux.
douze têtes de femmes sous le couteau de la guillotine, le 5 floréal an II (26 avril 1794). Les deux plus jeunes filles, âgées de dix-sept ans. M"" Barbe Henry et Claire Tabouillot, eurent seules la vie sauve ; elles furent condamnées à vingt ans de réclusion et à six heures d'exposition.
Victor Hugo a chanté en 1818 les Vierges de Verdun; les chanterait-il aujourd'hui ? Dirait-il aujourd'hui que la France opprimée attendait l'étranger comme un libérateur ?
Verdun, premier rempart de la France opprimée, D'un roi libérateur crut saluer l'armée.
En vain tonnaient d'horribles lois :
Verdun se revêtit de sa robe de fête, Et, libre de ses fers, .vint offrir sa conquête
Au monarque vengeur des rois.
Alors, vierges, vos mains (ce fut là votre crime !) Des festons de la joie ornèrent les vainqueurs.
Le 26 août 1792, M. Favier, président du Directoire de l'Ain, écrivit au député Thomas Riboud la lettre suivante, qui laisse voir que les belles phrases du Procureur-Général-Syndic et l'adresse du 17 n'avaient pas complètement rassuré notre pays :