‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 224 sur 275 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

tion première avait été de prendre Lyon d'assaut (i).

Le détachement de Précy qui avait bivouaqué dans la plaine de Roye^ reçut à l'improviste les premiers coups de feu, et essaya vainement de dépendre la belle position de Montessuy dont s'emparèrent les troupes conventionnelles. Les Lyonnais se retirèrent sur la Croix-Rousse, après avoir perdu un officier et trois ou quatre soldats. Toutefois ils avaient fait prisonnier un guide de Tarmée des Alpes, et ils avaient admis dans leurs rangs deux dragons de Lorraine qui étaient passés de leur côté avec chevaux, armes et bagages (2).

Les vainqueurs poursuivirent les vaincus jusqu'à la Croix-Rousse ; mais là, les vaincus, trouvant du renfort, se retournèrent et prirent leur revanche. Les soldats de Crancé furent obligés, à leur tour, de battre en retraite.

Le lendemain, Kellermann, trompé par de faux rapports, écrivit aux Lyonnais pour se plaindre de ce qu'ils avaient commencé l'attaque avant d'avoir répondu à la sommation. Les Lyonnais repoussè-

i) Par distraction, l'auteur de YHist. du peuple de Lyon attribue, p. 359 du toxe i'"-, les premières hostilités aux Lyonnais, car il reconnaît, p. 376, que les assiégeants furent les'agresseurs.

(2) Le guide fut employé, pendant toute la durée du siège, comme ca lonnier- pointeur sur le quai Honrencontre. Les deux dragons servirent av;c distinction dans les chasseurs à cheval, et, après le siège, ils furent an êtes, les malheureux, et fusillés auxBrotteaux avec les deux cent neuf. -iArch. hht. du Rhône, année i825, p. 460).

rent immédiatement cette imputation : « Incapables de perfidie, disent-ils, nous reportons tout l'odieux de Tattaque que vous nous reprochez sur votre avant-garde qui, avant même l'arrivée de notre réponse, avait tiré sur nous. » Kellermann ne répliqua pas sur ce point et invita courtoisement ses adversaires à venir fêter dans son camp là fédération du lo août. Les Lyonnais s'excusèrent sur ce qu'ils allaient eux-mêmes la célébrer sur la place Bellecour, et engagèrent Kellermann à leur envoyer des commissaires, qui seraient témoins des sentiments républicains de Lyon. Cet échange de politesses n'amena aucun rapprochement, et les hostilités continuèrent.

Le i3, il y eut, près du cimetière de Cuire, un combat héroïque : 25 fantassins et i5 canonniers lyonnais luttèrent contre 5oo crancéens et les obligèrent à se retirer en désordre, laissant la terre couverte de leurs morts, tandis qu'ils n'eurent que 3 hommes tués et lo blessés.

Pendant que le sang français coulait de part et d'autre, des acteurs de Grenoble jouaient la comédie au château de la Pape pour charmer les loisirs des proconsuls et de leur état-major.

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