‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 225 sur 275 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Elan sympathique en faveur des Lyonnais. Chanson des fantassins, couplets contre Dubois-Crancé et Gauthier. Entrevue secrète du général de Préey et du commissaire Paris. Bravoure des arquebusiers lyonnais. Les représentants ordonnent, le j fi août, de commencer le bombardement. Kellermann est appelé au secours de l'armée refoulée par les Piémontais. A son retour. Dubois-Crancé propose une dernière fois aux rebelles de se rendre à discrétion. Ils refusent d'ouvrir leurs portes. Lé bombardement commence le 22, à on^e heures du soir. Une pétroleuse de l'époque fait sauter l'arsenal dans la nuit du 24 au 25.

— La fête du 1 0 août à Bourg. Le repas des fédérés bressans à Paris.

— Alerte causée par la marche des Piémontais. — Les patriotes persécutés de Lyon à ieurs frères des départements et de l'armée, doléances écrites et imprimées sous les auspices des représentants, dans le but de

justifier ta monstrueuse résolution du bombardement.

A la nouvelle des avantages remportés par les troupes de Précy, les communes de Rhône-et- Loire voulurent prendre leur part de la résistance. Des compagnies entières et des hommes isolés vinrent de divers points s'enfermer avec les rebelles (i), tandis que les gardes nationaux amenés

(i) Dans l'espoir d'arrêter cet élan confraternel et de briser les liens qu: unissaient L3-on au Forez, les représentants, par arrêté du 12 août, enlevèrent aa département de Rhône-et-Loire, les trois districts de Sa'.nt- Etienne. Montbrison et Roanne, c'est-à-dire trois cent mille âjjies. et en for lièrent le département de la Loire avec Feurs pour chef-lieu.

Far la même raison ils détachèrent la Guillotière du territoire lyonna s et a réunirent au département de l'Isère,

pour les combattre, s'empressaient de déserter. Heureux de leurs succès et de la sympathie qu'inspirait leur cause, les Lyonnais allaient au feu avec bravoure et confiance, et des chants guerriers entretenaient leur courage. Laissant la Marseillaise aux soldats de la Convention qui la dénaturaient en rappliquant à la guerre civile, les fantassins, les cavaliers et les artilleurs lyonnais bafouaient les assiégeants dans trois chansons spéciales. Celle des fantassins, composée dans le style du Père Duchesne et sur Pair : Aussitôt que la lumière^ avait dix couplets. En voici quelques-uns, dans lesquels les dictateurs du siège sont assez maltraités.

Un plat b nous menace,

La colère est sur son front.

Crancé, f...... quelle audace !

Veut nous faire la leçon ; A nous ! jour de Dieu, j'enrage !

Nous, le fléau des pervers, Nous, dont le mâle courage Se f...rait de l'univers.

Verse donc, cher camarade, De soif tu me fais languir ; Verse encore une rasade, Jurons de vaincre ou mourir.

J'en veux f..... cent parterre, Et de sang tout inonde', Oui. je veux dans la poussière Rouler Albitte et Crancé.

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