CHAPITRE II
Gauthier, scélérat perfide, Assassin des Lyonnais ; Et toi, Crancé parricide, L'horreur de tous les Français ; Ambitieux sanguinaires, Les Lyonnais sont tout prêts ; Ils embrasseront leurs frères.
Mais puniront vos forfaits.
Peut être au sein de la gloire, Un f. ... morceau de plomb M'enverra sur l'onde noire
Vers ce b de Caron.
Content, je perdrai la vie.
Je m'en f..., j'aurai vaincu ; Quand on meurt pour sa patrie, N'a-t'on pas assez vécu?
La liberté, la patrie, Voilà le vœu de nos cœurs !
Pour cette muse chérie Nous jurons d'être vainqueurs.
C'en est fait, le canon gronde.
Nous ne voulons plus de paix ; Que lous les brigands du monde Soient aux pieds des Lyonnais!
Précy conduit nos phalanges, Les lauriers seront pour nous, Et du Rhône jusqu'au Gange On dira que sous nos coups, Des envoyés sanguinaires Ont vu près de nos remparts Une famille de frères Qui pour père a le dieu Mars ( i).
(i) Hist. du peuple de Lyon par M. Balleydier, t. T, p. 378.
Repoussés chaque jour et sur tous les points, les représentants du peuple désespérèrent un instant de prendre Lyon de vive force et tentèrent de nouvelles négociations. Ils supposèrent que le peuple lyonnais, entraîné par ses chefs, luttait à contre-cœur, et lui adressèrent une longue proclamation destinée à le détacher de ses administrateurs. Les sections réunies répondirent librement: « Nous ne pouvons concevoir comment le citoyen Gauthier, témoin de la journée du 29 mai, a pu douter que le peuple de Lyon ne fût capable des' plus généreuses résolutions et pût se laisser o^îtp.rçner par ses administrateurs. »
Le commissaire des guerres Paris, porteur de la dépêche des représentants, eut avec f^cy une entrevue particulière dans la nuit du 14 au i5 août :
« C'est à vous, général, dit le citoyen Paris, qu'appartient l'honneur de résoudre ce problème inouï, qui^fait qu'une ville française se trouve exposée au feu de ses concitoyens, que le même drapeau flotte dans les deux camps et que les assiégés et les assaillants, armés les uns contre les autres, s'égorgent en proférant le même cri de Vive la République !
« — Il ne dépend pas de moi, répondit Précy, que la réconciliation ne soit déjà faite, mais entre vous et nous il existe un abîme immense, que la mort seule pourra combler. Citoyen, il faut encore du sang à la soif de la Convention. Lyon est condamné, je le sais; Lyon suc- ^ combera ; ses portes tomberont devant les baïonnettes de