‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 228 sur 275 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

sur la bravoure des troupes de la République pour son exécution.

Kellermann, soit sympathie secrète pour les rebelles^ soit qu'il lui répugnât de pratiquer contre des Français toutes les horreurs de la guerre, demande aux représentants l'autorisation d'aller au secours de la Savoie. A peine avait-il achevé sa lettre qu'un courrier, venu à franc étrier, lui remet de pressantes dépêches de ses généraux, Tinformant que les Piémontais ont passé la frontière avec des forces supérieures et que l'armée des Alpes se replie. Grand embarras pour les représentants ; ils ne savent quel parti prendre. Enfin, après quelques débats, ils permettent au général en chef de s'éloigner pour trois jours. Il part, ranime les troupes et arrête la marche des Piémontais.

Pendant son absence, un nouvel échec est éprouvé par les assaillants. Vingt hommes, détachés de la vaillante compagnie des arquebusiers, soutiennent aux Broteaux le choc de cent cinquante cavaliers crancéens. Dix sont tués, mais les dix autres restent maîtres du champ de bataille. — Cette compagnie d'arquebusiers, plusieurs fois reformée pendant le siège, semait la mort dans les rangs ennemis. On rapporte qu'un sergentmajor nommé Bergeren, ancien orlèvre, fit tomber i63 crancéens sous le feu de sa carabine dans un intervalle de 58 jours.

Au retour de Kellermann, tout était prêt pour le bombardement. Dubois-Crancé pourtant essaie une dernière fois d'obtenir la soumission des rebelles ; la soumission, c'était Téchafaud pour les chefs et pour les partisans de la résistance ; il y avait donc tout avantage à les atteindre ainsi, sans courir la chance des afmes (i). Le dictateur croit ■ que sa proposition produira plus d^efFet après une canonnade de deux heures. Ce procédé ne fait qu'irriter davantage les assiégés ; si bien que les sections, après s'être réunies le 21, répondent fièrement le 22 : Nous ne vous ouvrirons pas nos portes.

' Le général de brigade Vaubois, qui commandait les batteries du siège, impatient de Tordre définitif, avait écrit au représentant ce seul mot : J'attends. Dubois-Crancé, aussitôt que le refus des Lyonnais lui est signifié, répond au général par un mot plus bref encore et plus atroce : Feu !

Et le feu commence le soir même, à onze heu-

(i) Nous avons sous les yeux (dans le recueil Veiu) cette objurgation de Dubois-Crancé, probablement imprimée à Montluel : elle occupe 8 pages dans un fascicule de 12 pages {Dubois-Crancé aux Lyonnais, 21 août

Parmi les documents qui remplissent les dernières pages, nous trouvons une lettre du 7 août 1793 adressée aux officiers municipaux de Lyon par le district de Belley; c'est une « dénonciation contre l'émigré Ferras de Courtine qu'on avait vu à la caserne de la Déserte sous l'uniforme de capitaine de chasseurs, et contre le nommé Falco^-Lablache ci-devant marquis à'Haraucour, seigneur de St-André-de-Briord, réputé émigré par le département de l'Ain, homme pouvant faire beaucoup de mal. » Cette lettre est signée par /. Dord, Garnier, Gaudet, procureur-syndic.

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