CHAPITRE II
res, 22 août. Toute la nuit, les bombes et les boulets rouges se croisent sur le Rhône, allumant l'incendie sur plusieurs points de Lyon et de la Guillotière.
Le lendemain, le-- assaillants osent demander, aux Lyonnais des chirurgiens pour soigner leurs blessés. Les Lyonnais, n'en ayant pas de disponibles, offrent généreusement de recevoir non-seulement leurs blessés, mais encore leurs malades, et s'engagent à les renvoyer après guérison. Dubois- Crancé accepte, et les Lyonnais tiennent parole, malgré les cruautés auxquelles leurs soldats étaient exposés. Car « l'armée conventionnelle était impitoyable ; rarement elle accordait quartier. Si parfois, cependant, elle faisait quelque prisonnier, c'était pour les pourvoyeurs des vengeances de la Convention ; mieux valait cent fois périr sur-lechamp que de tomber vivant dans les mains des soldats de Dubois-Crancé. »
Le bombardement recommença le 24, à quatre heures du soir. 11 fut très meurtrier des deux cotés, surtout du côté des assaillants, et causa dans Lyon de grands ravages, augmenté par les clubistes qui pactisaient avec l'ennemi et par les pétroleuses de l'époque. Les traîtres, en effet, par des signaux, par des avis mystérieux, facilitaient les opérations du siège ; ils attiraient les bombes et les boulets rouges sur les édifices dont l'embrase-
414 DOUZIÈME éPOQUE.
ment pouvait nuire à la défense ; munis de mèches pyrophoriques, de pétards et de marrons d'artifices, ils mettaient eux-mêmes le feu aux maisons qu'épargnaient les projectiles. Dans cette terrible nuit du 24 au 25 août, rhôpitdl, devenu îe point de mire de rartillerie, faillit quarante-deux fois être la proie des flammes ; et l'arsenal, incendié par une Jacobine, sauta tout-à-coup avec une explosion épouvantable. Cette femme du moins paya son crime de sa vie. Arrêtée quelques jours après, elle fut condamnée à mort et fusillée comme les , traîtres, par derrière, à genoux, sur la place des Terreaux.
Malgré ces désastres, les Lyonnais tenaient ferme. Les assiégeants, au contraire, voyant leurs rangs s'éclaircir (le régiment de cavalerie de Royal-Pologne était réduit à i5o hommes), revenaient toujours à leur impossible proposition de paix ; puis, toujours repoussés, ils reprenaient l'offensive à regret, non pas qu'ils eussent conscience de cette guerre impie, mais parce qu'ils sentaient combien leur victoire leur coûterait cher.
Nous ne suivrons pas le siège de Lyon jour par jour ; nous ne citerons pas tous les brillants faits d'armes, tous les traits de Courage et de dévouement qui font honneur à la défense ; mais nous en reparlerons. Pour le moment,, nous ramenons le