CHAPITRE II
lecteur au chef-lieu de l'Ain pour qu'il assiste à la fête de la fédération ; de là nous le conduirons, à Paris, au repas des fédérés bressans.
Les autorités du département tenaient d'autant plus à fêter pompeusement le 10 août qu'elles avaient à se faire pardonner la résistance des gardes nationaux à la réquisition des représentants. Voici donc comment se passa cette manifestation républicaine ; nous copions le registre du Directoire de TAin :
Le Conseil du département étant assemblé, séants les citoyens Tardy, vice-président ; Grumet, Joiirdan, Balleidier^ Huchet, Pejsson, Martinon, Duhamel^ procurear-général-syndic et Brangier, secrétaire ;
Sont entrés les administrateurs du district elles membres du conseil général de la commune, les membres du tribunal du district et ceux du tribunal criminel séant à Bourg, qui ont annoncé qu'ils venoient se réunira l'assemblée pour se rendre ensemble sur la place de la Fédération, et prêter sur l'autel de la patrie le serment de maintenir la liberté, l'égalité, l'unité et l'indivisibilité de la République.
Les dites autorités constituées étant arrivées sur la place de la Fédération, le vice-président du district [M. Revel) a prononcé et répété à toutes les faces de la patrie la formule de serment, lequel a été prêté par toutes les gardes nationales du district de Bourg qui y étoient îssemblées, par la gendarmerie nationale, par la compania d'invalides en garnison à Bourg et enfin par lacom-
pagnie des canonniers de la garde nationale de la dite ville, qui a fait plusieurs fois des salves d'artillerie.
La municipaliié de Bourg ayant fait dresser un bûcher pour brûler les terriers qui étoient en son pouvoir, le feu y a été mis par les officiers municipaux et, de suite, pour se conformer au décret du 28 juillet, la bannière accordée au département le 14 juillet 1790 a été jetée dans les flammes par l'huissier de l'administration du département,
A Paris, on ne se contenta pas de brûler des terriers ; le peuple se porta en foule à Saint-Denis, renversa les mausolées vénérables de douze siècles, en exhuma les corps de nos rois et en di.spersa les ossements pour la plus grande gloire de la liberté française et de la République une et Indivisible.
Le département de l'Ain avait envoyé quelques fédérés à Paris. Nos députés leur firent les honneurs de la capitale et les réunirent dans un repas auquel se trouva un employé à la Commission des relations extérieures, le citoyen Févelas, bressan lui-même et futur secrétaire de Gouly. Cest lui, Févelas, qui va nous dire ce qui se passa dans ce repas orageux :
Je n'avois vu de ma vie Convers et Desisles qui, à l'époque du mois de juillet 1793, se trouvoient à Paris pour se soustraire, disoient-ils, aux persécutions des fédéralistes. Il y avoit alors à Paris des envoyés pour la fête du 10 août. Ils se réunirent un jour avec les députés du département