CHAPITRE n
sont dans le département du Mont-Blanc, et se portent sur Chambéry. Nos troupes sont forcées de se replier, et si les progrès de l'ennemi continuent, peut-être viendra-t-il vous attaquer jusque dans vos foyers.
Citoyens, nous devons secours à nos frères, nous devons défendre la République une et indivisible, et sans doute vous n'abandonnerez pas aux despotes le sol de la liberté.
Prenons de concert toutes les mesures qui sont en notre pouvoir ; faites connoître aux communes les dangers qui nous menacent ; que chaque citoyen se tienne prêt à partir, qu'il prépare ses armes, qu'il fonde des balles du calibre de son fusil, qu'il se munisse de poudre ; en un mot, qu'il soit debout et n'attende que l'ordre qui vraisemblablement ne tardera pas à lui être donné.
Nos nouvelles sont officielles ; elles viennent de l'administration du Mont-Blanc...
Assurez-vous, citoyens, du nombre de fusils soit de munition soit de chasse qni sont dans votre district; inlormez-nous en le plus tôt et dites-nous aussi par aperçu combien on pourroit y armer d'hommes en état de marcher.
Reydellet, J.-L. Balleydier, Peysson et Brangier, secrétaire.
MM. du district de Bourg transmettent cette dépêche aux officiers municipaux en la paraphrasant dans le style dithyrambique de Tépoque et en leur prescrivant, sans doute pour complaire aux proconsuls, la recherche et le désarmement des lâches gardes nationaux qui désertent le camp de
Lyon. Voici les derniers alinéas de leur circulaire du 22 août :
Oui, citoyens, tous les hommes doivent se lever, et opposer une formidable barrière à l'ennemi qui s'avance. Leur propre intérêt, leur sûreté personnelle, celle de leurs femmes et leurs enfans, tout en un mot leur fait un devoir de se mettre en défense s'ils veulent se soustraire aux chaînes de l'esclavage, et empêcher les Piémontois, Autrichiens et émigrés de ravager leurs propriétés, enlever leurs récoltes et bestiaux, incendier leurs habitations, et porter partout la désolation et la mort.
Le moment est venu, citoyens officiers municipaux, où les vrais républicains doivent montrer toute leur énergie; le succès est le patrimoine du courage ; et si, comme vous le devez, vous faites vos efforts pour enflammer vos concitoyens du saint amour de la patrie, elle sera sauvée, et il se formera bientôt des bataillons qui, aux chants de l'hymne sacré, marcheront à la victoire, et feront disparoître les satellites des despotes du sol de la liberté...
Nous avons appris avec indignation que plusieurs hommes de ce district, requis pour servir dans l'armée campée près la ville de Lyon, ont lâchement et sans congé abandonné leur poste et emporté leurs armes; s'il s'en trouve dans votre commune, faites-vous remettre, ces armes pour les confier en de meilleures mains, en attendant que vous receviez des ordres pour faire arrêter ces déserteurs et les livrer à l'infamie.
Revel, vice-président ,- Vuy, Perné, Battur, administrateurs ; BuGET, procureur-syndic et Rouyer, secrétaire (i).
(i) Cette lettre et la prccédente sont imprimées ensemble, sans titre. sur 8 p. in-4°. — C«« D.