CHAPITRE II
Kellennann. informé plus tôt que les autorités Je Bourg, était parti, le 16, du camp de Lyon, et ivait en trois jours, comme nous l'avons dit, irrêté la marche des Piémontais. Néanmoins le Haut-Bugey n'était pas complètement rassuré. Car, le 24,3 sept heures du soir, le citoyen Torombert, président du district de Belley, se présenta au Directoire de TAin avec plusieurs dépêches , une sntre autres de la municipalité de Seyssel, exprimant des craintes sur le progrès de Tinvasion.
C'est alors que le Directoire donna l'ordre au :ommandant Murot de faire partir, le 26, pour Belley et Pierre-Châtel Tartillerie de Bourg et de la faire escorter par cinquante grenadiers de la garde nationale, un capitaine, un lieutenant, un sous-lieutenant, deux sergents et quatre caporaux, esquels ne se pressèrent pas d'obtempérer à la 'équisition; le registre municipal constate que tous étaient encore dans leurs foyers le 3o août.
Les Burgiens savaient que les rebelles de Lyon :Qmptaient sur les Piémontais pour leur délivrance; ■ans doute par sympathie pour leur cause, ils efusaient de marcher à la frontière, comme Is avaient refusé de se joindre aux assiégeants.
Après la première nuit de bombardement, les atriotes 13'onnais eurent l'idée de conter leurs
malheurs à tous les frères et amis des départements et de l'armée. Réunis en comité de surveillance à Caluire ou Calvire, sous les auspices des représentants du peuple près V armée des Alpes ^ ils remplirent i6 pages in-4° de leurs prétendues persécutions, c'est-à-dire de doléances sur leur défaite du 29 mai et sur la perte de leur pouvoir tyrannique.
Le récit plus ou moins mensonger de ces persécutions avait évidemment pour but de légitimer les horreurs du siège, et tout porte à croire que ce long factum, imprimé à Bourg, fut écrit sous l'inspiration, sinon sous la dictée des représentants et particulièrement de Gauthier. Plusieurs passages semblent trahir sa plume. La phrase suivante, par exemple, sur la mort du roi, ne peut sortir que du cerveau d'un représentant régicide :
Ils sont les panégyristes même des crimes du tyran ; ils vouent à l'infamie tous ceux qui osent demander sa mort ; et lorsque le glaive de la justice eut purifié la terre de la liberté de ce monstre qui l'infestait, ils ne mettent plus de frein à leur rage ; ils font partout retentir les cris de leurj dépit; ils se couvrent de deuil et jurent d'immoler à ses mânes quiconque avoit osé parler de ses forfaits (i).
Cette autre phrase sur le changement de muni-
(i) Liberté, égalité, république démocratique une et indivisible. Lt. Patriotes persécutés de Lyon, à leursfrèresdes départemens et de l'armée Bourg, imprimerie Philipon, 16 p. in-4' — Ph. L. D.