‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 236 sur 275 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

des Lyonnais, sises dans l'Ain, seraient astreintes aux mêmes fournitures sans aucune indemnité.

Il est, dit-il, un acte de justice sévère à frapper contre les Lyonnais ; des hommes qui ne soupirent que pour un roi ne doivent plus vivre des productions du sol de la liberté, et tout ce que la nature a produit depuis leur rébellion, même dans leurs propriétés, est justement acquis à la république : ils n'ont pas voulu être les dignes enfans de la patrie, ils ne doivent donc plus sucer le lait de cette mère nourricière.

Les administrateurs de TAin n'ajoutèrent pas un mot aux ordres des proconsuls et de leur commissaire-, ils se bornèrent à les transmettre aux districts le 3i août (i).

L'effet de ces mesures ne fut pas heureux. Le blé fit de plus en plus défaut sur le marché de Bourg ; il y eut même une émeute le 4 et le 5 septembre. Le peuple accueillit fort mal les pourvoyeurs du Bugey qui s'en retournèrent à vide, et se porta en foule au Directoire du département pour crier misère. Les Bugistes n'étaient pas mains à plaindre : ils payaient de qiiinie à dixhuit sous la livre de pain (2).

Le Directoire, pour apaiser le tumulte, autorisa, le 6 septembre, la municipalité de Bourg à vendre

(i) Arrêté des Représentans du peuple envoyés près l'armée des Alpes, tendant à faire fournir à cette armée des subsistances tant en grains qu'en fourrages; suivi de la Réquisition du citoyen Chambon et de rairêté du Directoire de l'Ain. 8 p. in-4». — Ph. L. D.

(2) Registre du Directoire de l'Ain, 6 septembre 1793.

aux indigents « les blés déposés à la Grenelte et qui avoient été accordés au département par le Ministre de T Intérieur. » Cette réserve fut presque toute enlevée en quelques heures. Par dépêche du même jour, les administrateurs se plaignirent au Ministre de ce que la Bresse était épuisée par les fournitures militaires et se permirent d'insister pour obtenir une subvention de 400,000 livres.

Quelques jours après, 9 septembre, ils voulurent faire jouir la classe ouvrière des prix fixés par les représentants pour les réquisitions ; ils décidèrent que le maximum de la valeur des grains serait par quintal de 3o Hvres pour le blé, 21 livres pour le seigle et i3 livres 4 sous pour l'avoine.

Tout cela n'augmenta pas la récolte et n'obvia pas à son insuffisance ; le 1 7 septembre, les représentants furent obligés de prescrire le mélange d'un sixième de seigle avec le froment pour le pain de munition.

Puisque le pain de munition nous ramène au siège de Lyon, citons deux faits d'armes dont les circonstances sont fort singulières. Le premier appartient tout à fait à notre histoire : des réquisitionnaires de l'Ain y jouèrent un rôle. Le héros du second était élève chez un pharmacien renommé, dont la famille habite aujourd'hui Bourg

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