‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 237 sur 275 · CHAPITRE m. 42g · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. 42g

;t Meximieux. Nous empruntons à M. Balleydier son attrayant récit :

Les Lyonnais, chargés de la défense de la loge maçonilque, transformée en poste avancé, avaient cru plaisant dans la nuit du 28 août) de s'affubler de tous les costunes qui servaient aux réceptions et autres cérémonies des rancs-maçons, et d'attacher une épée aux mains décharlées d'un squelette qu'ils avaient trouvé dans le garde- Tieuble maçonnique. Vivement attaqués, un instant après, )ar les paysans nouvellement requis dans le département ie l'Ain, et trouvant plaisir à se battre dans un costume, m travestissement aussi grotesque, ils firent une vigou- •euse sortie à la lueur des maisons incendiées de la ville, ;t en poussant des cris affreux. Les recrues de l'Ain, :royant avoir l'enfer sur les bras, se dispersèrent et regagnèrent isolément leurs quartiers, disant partout qu'ils ivaient été attaqués par une armée de démons, commanlés par un squelette dont l'épée flamboyante coupait un lomme en deux. Un régiment de cavalerie, que le général livaz envoya sur les lieux pour vérifier la cause réelle de ;ette terreur panique, fut accueilli par une décharge de nousqueterie qui lui tua quelques hommes : une large raachée les séparait de gens singulièrement vêtus, les ins, couverts de cuirasses et de casques d'or, les autres, le linceuls et de couronnes de fer, tous groupés autour l'un squelette qui s'agitait effectivement d'une étrange nanière.

Au mouvement que fit la cavalerie pour les tourner, les ^yonnais travestis, craignant d'être enveloppés, se retirèent en bon ordre dans leur poste, où les cavaliers ennenis, contenus par un feu nourri et bien entretenu, l'osèrent pas les poursuivre. Un volontaire du départe-

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ment de l'Ain, partie active de ce combat de nuit, existe encore (1845 ou 1846) à quelques lieues de Bourg; il est toujours convaincu d'avoir eu affaire à une légion d'êtres surnaturels.

Honteux d'avoir été mystifiés ainsi, les Crancéens voulurent avoir leur revanche et ménager à leur tour une surprise aux portes de la Croix-Rousse. Ce projet faillit tourner à leur perte.

Par une belle matinée des premiers jours de septembre, une femme de la campagne se présente au poste de la Croix-Noire, poussant devant elle un âne chargé de légumes et de jattes en fer-blanc remplies de lait. C'était une bonne fortune pour des hommes commençant à souffrir de toutes les privations qui résultent d'un blocus en règle ; aussi ces provisions furent-elles bientôt échangées contre de l'argent monnayé et non point contre des assignats. La paysanne songeait à se remettre en route, lorsqu'un canonnier lyonnais, la saisissant par le bras, dit à ses camarades ; « Trop faibles ou trop lâches pour nous attaquer en face, nos ennemis s'introduisent dans nos camps comme de méchants écoliers travestis, pour nous surprendre par la ruse ; emparez-vous de cette femme, et qu'on la fusille ! » Le canonnier qui parlait ainsi était une femme elle-même, Louise Adrian, jeune héroïne de dix-sept ans, aussi jolie que brave, aussi vertueuse que jolie. Elle servait la même batterie qu'un de ses frères ; elle avait reconnu dans la tournure, dans l'inflexion de voix de la prétendue paysanne, toutes les allures d'un homme, qui fut aussitôt placé, malgré ses cris et ses suppUcations, devant un piquet de grenadiers chargés de le fusiller. « Arrêtez, s'écria un jeune chasseur imberbe au moment où le fatal signal

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