CHAPITRE III
saurons nous y précipiter ; nous montrerons l'exemple aux autres citoyens, et nous leur apprendrons que les magistrats d'un peuple libre aiment mieux mourir que d'être esclaves. Nous le jurons.
Fait à Belley, le 16 septembre lygS, Tan II de la République française, une et indivisible.
Les officiers municipaux de Belley^ Brillât-Savarin, maire ; Balme, Charcot, Sevoz, Guillot, Roux, Cerdon, officiers municipaux, et Parrat-Brillat, procureur de la commune (i).
Ces braves officiers municipaux étaient-ils réellement convaincus des bienfaits de la Révolution ? Pouvaient-ils ignorer que la République tombait entre' les mains des sans-culottes ? Pouvaient-ils ignorer les vues de ces démagogues? Ceux de Belley venaient de publier un programme effréné contre tous les citoyens intéressés à Tordre public. En voici la conclusion :
Citoyens, il nous faut dans tous les postes des sansulottes d'effet et d'affection, des hommes plus sensés que savans, des hommes vertueux, sensibles, humains, que on voit s'indigner au récit de la moindre injustice [et qui irous mettront en prison sans sourciller], des hommes énergiques, intrépides, qui veulent le bien du peuple [et surtout celui des riches], la Liberté, l'Egalité ou la mort \ enfin, pour les peindre en un seul trait, de ces horames calomniés, persécutés, que les ci-devant nobles, les fédéralistes, les aristocrates bourgeois détestent cordialement, et qu'ils appellent incendiaires, enragés, mara-
(i) Affiche. Belley, 1793. — Ph. L. D.
listes, parce qu'ils désespèrent de les corrompre ou de les séduire...
Les autorités de la République ainsi régénérées, il n'y a plus que quelques mesures à prendre pour n'avoir plus à redouter aucun genre de trahison, et pour réparer, autant qu'il se peut, les maux que nous ont faits les traîtres.
Citoyens, réunis en assemblées primaires, en sociétés républicaines, demandons tous :
10 Le rappel de tous les généraux, officiers et soldats ci-devant nobles.
20 L'arrestation de tous les ci-devant nobles, de tous les ci-devant bourgeois qui se donnaient le ton de nobles, en ajoutant à leurs noms des noms de fiefs ou de métairies.
3° Le désarmement et l'arrestation de tous les individus dénoncés par dix citoyens domiciliés, notoirement patriotes, comme atteints d'avoir répandu des nouvelles décourageantes, à dessein d'effrayer le peuple et de faire croire au retour de l'ancien régime, ou de fanatiser un canton, une commune, ou d'être commissionnaires d'aristocrates ou de fanatiques.
4» L'arrestation de tous les foilctionnaires publics qui, par écrit ou autrement, ont provoqué, depuis le 3 1 mai, une levée de boucliers contre Paris, et la dissolution de la Convention nationale.
5o La consigne dans leurs communes ou dans leurs cantons de tous les fanatiques turbulens, sous peine, en cas de contravention, de payer, pour la première fois, le double de leurs contributions, au profit du dénonciateur, et pour la seconde fois d'être mis en arrestation.
6" La responsabilité sur les têtes et sur les biens des détenus ci-devant nobles, et sur les biens seulement de