CHAPITRE III
demain à Nantua, à ses frais, au taux fixé par le district, les quarante mesures de blé requises, qui est tout le grain qu'il a de battu et qu'il destinoit pour semer. Le Conseil de la commune rend hommage à cette action louable et aux sentiments de bienfaisance du citoyen Douglas qui, dans toutes les circonstances et en temps de disette, a débité à un prix modéré aux citoyens de cette commune, les grains, foin, pailles et autres denrées qu'il avoit en son pouvoir. Fait en la maison commune les jour, mois et an que dessus.
Beysson^ maire ; Robin, Beysson^ Meunier^ Neyron^ et Robin^ secrétaire.
3° — On lit sur le registre municipal de Bourg à la date du 29 septembre 1 793 :
Les Représentants du peuple envoyés prés l'armée des Alpes,
Enjoignent aux citoyens Sébastien- Yves-François Boucler, officier municipal à Trévoux, et Jean-Baptiste DoUet, itoyen du même lieu, de se rendre sans délai, l'un à Bourg, l'autre à Nantua, à l'effet de prendre tous renseignements convenables sur les citoyens Guinet à Nantua et Cordier, tanneur à Bourg ; pour s'assurer de leur conduite, faire apposer les scellés sur leurs papiers, faire procéder à la reconnaissance desdits papiers, apporter ceux qui sont relatifs aux troubles de Lyon, faire arrêter lesdits Guinet et Cordier, et les faire transférer sous bonne escorte dans les prisons de la Pape comme personnes suspectes.
Fait au quartier général de la Pape, le 28 septembre lyrS, l'an 3» de la République française,
Dubois-Crancé.
4° — Les propriétaires, aussi bien disposés que le comte Douglas, étaient rares en Bugey ; si bien que les districts de Nantua et de Belley, ne trouvant ni sur leurs marchés ni sur ceux de la Bresse le blé nécessaire, ne pouvaient satisfaire ni aux réquisitions ni aux besoins de la population. Dans cette conjoncture, le Directoire de l'Ain prit le parti, le i^"" octobre, d'accélérer le battage des grains en imposant aux propriétaires et fermiers tous les ouvriers disponibles (i).
5° — Le 2 octobre, au lieu de 900 coupes de froment qui, d'après les réquisitions, devaient se trouver sur le marché de Bourg, il n'en fut amené que 295. Les habitants qui avaient résisté aux injonctions du district appartenaient aux communes d'Etrez, Malafretaz, St-Didier-d'Oussiat, Gurtafond, St-Martin-le-Ghâtel et Crangeac. Le Directoire du district arrêta, le même jour, que les grains et farines, excédant les besoins de ces citoyens , seraient saisis et confisqués par les municipalités avec l'assistance d'un huissier et de la force publique, et que lesdits grains et farines seraient vendus sur le marché de Bourg, au profit de leurs pauvres. Le lendemain, cet
f (i) ArrJlé du Directoire du départ. deVAin concernantles subsistances.
Du I" octobre i-jÇjS., l'an 2" de la Rép.fr.,une et indivisible. Bourg,8 p. in-i". — Pli. L. D.