CHAPITRE V
trouver encore chez eux la dépouille de leurs victimes (i).
La fuite des rebelles causa une alerte à Bourg. Le registre municipal va nous la faire connaître. Toutefois indiquons d'abord les précautions prises ians notre département par le général en chef des Bleus. « J'avais, dit-il, envoyé un adjudant général avec un officier du génie dans le département ie FAin pour en assurer la défense et empêcher 'entrée des émigrés de Suisse, et boucher ce passage aux rebelles de Lyon, dans le cas qu'ils vouussent sortir. Cet adjudant général a été faire plaer des pièces de canon dans les gorges de Saint- Rambert et de Pierre-Châtel. »
Nous savons d'autre part que des troupes comnandées par M. Dandelin furent cantonnées à ^mbérieu en Bugey. « Le 5 du courant, ajoute le :énéral Doppet, je proposai de faire partir des :ommissaires patriotes pour toutes les communes ïn^ ironnantes, afin d'avertir de sonner partout le ocsin dans le cas où l'on vît approcher une coonie de rebelles. Cette précaution n'a pas été inuile ^ c'est le tocsin qui a le plus dérouté les fuyards Jans la journée du 9 (2). »
(1) Mémoires pour servir à l'histoire de la ville de Lyon pendant la évol ition, t. II, p. 244.
(2) Rapport sur le siège de Lyon par le citoyen Doppet, général en hef ie l'armée des Alpes, p. i3» de Lyon en ijgS, par P. -M. Gonon.
Lisons maintenant le procès-verbal de la séance nocturne du 1 1 au 1 2 octobre, et nous verrons que le tocsin sonna aussi dans les paroisses voisines de Bourg.
Du 1 1 octobre 1793, an 2 de la République, une et indivisible.
Le Conseil général extraordinairement assemblé à l'heure de dix du soir et composé des membres ci-après,
Un membre a exposé qu'il étoit urgent de prendre de grandes mesures contre les malveillans qui sembloient vouloir se porter sur la ville, d'après le tocsin qui sonnoit dans toutes les paroisses voisines.
Justement alarmé de cet événement, redoutant surtout la rage des rebelles fugitifs de Lyon, d'après la reddition de cette ville,
Le procureur de la commune ouï,
Il a été unanimement arrêté que la générale seroit à l'instant battue dans tous les quartiers de cette ville, que les commandans des différens bataillons seroient requis de rassembler leurs troupes sur la place, pour de là se transporter dans les lieux où le besoin et la sûreté publique l'exigeroient, qu'il seroit également placé des postes à toutes les portes et toutes les avenues pour prévenir quelques surprises, et qu'il seroit fait des patrouilles continuelles hors de la ville.
Il a été aussi arrêté que les Invalides en garnison en cette ville seroient requis de se rendre sur la place pour y prendre des ordres, ainsi que tous les soldats blessés en ce moment à l'hôpital, qui pourroient porter les armes.
Tous ces ordres se sont exécutés avec une célérité sans égale. Les citoyens ont dans cette nuit donné des preuves du plus pur patriotisme ; et les Invalides et les soldats