CHAPITRE m
Meaux, le 4 septembre, on massacre dans la prison sept prêtres et sept criminels. — A Charleville, le même jour, la populace se rue sur un lieutenant-colonel d'artillerie, qualifié de traître sur la plus futile apparence, Tassomme et le jette dans la Meuse. — ACaen, le 6 septembre, un généreux magistrat, nomme Georges Bayeux, tombe sous les baïonnettes des Maratistes. — A Couches, près d'Autun, le 8 septembre, quatre prêtres insermentés qui se rendaient en Suisse pour obéir au décret du 26 août, sont assaillis, conduits en prison, abattus dans la cour à coups de sabre et achevés à coups de pierre. — A Versailles, le 9 septembre, les Marseillais, venus exprès de Paris, assomment les détenus que devait juger la haute cour d'Orléans et que Fournier l'américain était allé chercher avec sa bande. Parmi eux se trouvaient le duc de Cossé-Brissac, ex-colonel des Cent-Suisses, et les anciens ministres Delessart et d'Abancourt. Quarante quatre sont tués sur les voitures qui les amènent; neuf échappent. Les travailleurs complètent leur journée en se portant è la prison et en égorgeant vingt-trois prisonniers, ■ — A Orléans, le 16 septembre, des maisons sont livrées au pillage, et trois individus sont mis à riort. — A Tullins, dans l'Isère, le 8 septembre, i.n lieutenant-colonel, nommé Spendler, est assassiné par des bandits et pendu par les pieds à un
arbre pour avoir puni cinq cavaliers récalcitrants. — A Lyon, le 9 septembre, les émeutiers forcent l'entrée du fort de Pierre-Scise, où étaient détenus huit officiers de Royal-Pologne sous prévention de traîtrise, les font descendre sur le quai de Saône, les frappent, les terrassent jusqu'à ce qu'ils rendent rame, et coupent leurs têtes qu'ils emportent sur des piques. Un seul parvient à leur échapper en se précipitant dans la Saône, et se dérobe, en plongeant, à leurs coups de fusil (i). Non contents de cet exploit, les sicaires de Chalier se rendent à la prison de Roanne où plusieurs ecclésiastiques sont enfermés. La concierge les avait fait évader, sauf M. Regny, professeur de morale au séminaire de Saint-Charles. Ils s'en emparent, le conduisent sur la place des Terreaux, le font mettre à genoux et lui abattent la tête qui ne tombe qu'après plusieurs coups de sabre. Un autre prêtre, M. Lanoix, chevalier de TEgUse primatiale de Lyon, est reconnu dans la rue malgré son travestissement; les cannibales se jettent sur lui et le massacrent. La dernière victime de ces monstres est l'abbé Guillermet dont nous allons parler plus longuement. Il a droit à nos sympathies comme compatriote, et, de plus, son martyre, digne du temps
(i) La chanoinesse Alexandri ne des Echerolles dit qu'il se nommait des Plantes et gagna la Saône par un égout du fort. (Quelques années de ma vie, tome i, p. 5o, ouvr.ige rccdité en 1879 avec un titre nouveau : {Une famille noble sous la Terreur.)