‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 36 sur 275 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

des persécutions païennes, peut être cité comme le plus mémorable de la Révolution française.

L'abbé Claude-François Guillermet, né à Bellignat, près de Nantua, en 1733, fut nommé, en 1771, curé de Baneins, paroisse partie en Dombes et partie en Bresse.

. Lors de la convocation des Etats-Généraux, il laida chaleureusement la cause du peuple dans un écrit de vingt-huit pages, que nous avons analysé ailleurs (i).

En 1790, « la ville de Châtillon-lès-Dombes, dit Mgr. Depéry, le chargea d'une mission partiulière auprès de TAssemblée nationale. A son 'etour de Paris, les principaux habitants de Châ- Uon le reçurent avec des acclamations de joie, et ui donnèrent de grandes fêtes qu'il leur rendit à 3aneins même. »

Son libéralisme n'alla pas jusqu'à l'acceptation le la. constitution civile du. clergé^ il fut même le •remier curé du département que le directoire xpulsa de son presbytère et remplaça par un atrus. En quittant ses paroissiens, il dit à ceux ui lui étaient le plus attachés : « Mes enfants, riez pour moi : je prévois qu'on me fera mourir,

i) Voir, p. 5i5 du tome m de nos Curiosités historiques de l'Ain. le impie-readu des Vœiix, motions et doléances.de M. Guillermet, curé de tneins en Dombes et en Bresse.

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mais j'aime mieux perdre la vie que d'être infidèle à r Eglise. »

Retiré à Bellignat, les révolutionnaires ne lui pardonnèrent par son refus de serment. Ils se saisirent de sa personne et voulurent Tétrangler; ils lui tenaient déjà la gorge, il était à demimort, lorsqu'une parente intervint et le sauva en se jetant aux pieds des assassins.

Il chercha un refuge à Lyon ; mais son zèle pour l'exercice du saint ministère l'exposa bientôt à de nouveaux dangers.

Un jour, il se trouva sous le cloître de l'hôpital, en même temps qu'une procession d'enfants qui venaient de faire leur première communion; ils étaient conduits par le curé intrus de l'église des Jacobins. Au même instant, l'aumônier de l'hôpital, prêtre schismatique très exalté, aperçoit l'abbé Guillermet, court à lui comme un furibond, et s'écrie : « Voyez-vous ce prêtre réfractaire qu; vient ici pour fanatiser ces enfants ; il dira bier qu'ils ont avalé le diable ! » La foule, attirée pai cette scène, croit que le réfractaire a réellemen voulu endoctriner les enfants, et pousse des cri: de mort. Il s'échappe, on le poursuit ; une allée s( présente, il monte à un cinquième étage, et S( cache. Un courageux citoyen, armé d'une barre d< fer, s'oppose à l'envahissement de la maison. D' son côté, le prêtre assermenté qui conduisait le

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