‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 38 sur 275 · Tome VA · texte numérisé non relu

Tome VA

Ne soyez pas en peine de moi, mon cher neveu. Des personnes charitables, sachant qu'on m'avait pris tous mes mandats en entrant ici, ont eu la bonté de traiter avec l'aubergiste pour me faire nourrir. Rien ne me manque, grâce à Dieu. Je ne m'afflige point dans ma cellule. Je me console, au contraire, rassuré par le témoignage de ma conscience fondé sur mon innocence. Me soumettant humblement à la volonté de Dieu, je baise et bénis sa main paternelle qui m'éprouve en me présentant à boire une goutte du calice de J.-C. son fils, mon divin maître, qui a voulu être accusé à faux et condamné injustement. Je me glorifie et me réjouis d'avoir quelque ressemblance avec mon Sauveur. Je ne cesse de prier pour toute l'Eglise, pour tout le royaume de France, pour nos parents, nos paroissiens qui sont toujours présents à mon esprit, chers à mon cœur et dont je déplore le malheureux égarement; pour mes amis, mes bienfaiteurs, mes ennemis et mes persécuteurs, à l'exemple de J.-C. Loin de m'ennuyer un seul moment, mon âme surabonde de consolations. Je tâche de m'entretenir de mon mieux avec Dieu. Je fais de ma cellule une église, et de ma solitude une pieuse retraite. Je me suis fait apporter des livres. Evangile, Imitation, Vie des Saints, Méditation, etc. Je prie, je lis, | je médite, j'écris, je chante des préfaces, des hymnes, des proses, des psaumes, des cantiques, que je faisais chanter à mes petits enfants du catéchisme. Loin de trouver le temps long, je me plains, au contraire, que les jours passent trop vite; et, pour vous prouver que je ne m'ennuie point, je vous envoie dans la présente quelques-uns des vers français que j'ai composés. »

VHagiologie de Mgr. Depéry nous a conservé quatre de ces vers. Leur caractère prophétique est

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