‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 41 sur 275 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Goujon, natif de Bourg, procureur-général- syndic provisoire de Versailles à 26 ans ; son discours patriotique à la barre de l'Assemblée législative, le i" septembre 17.9a. — Visites domiciliaires à Bourg et autres 'vexations. — Bataille de Valmy, 20 septembre. — Part glorieuse du général de Pre\-Crassier, du pays de Gex. à la victoire de Valmy. — Concours moins glorieux de Carra, de Pont-deVeyle, à la retraite des alliés. — Fin de l'Assemblée législative, 2 1 septembre. — Invasion de la Savoie et du comté de Nice. — Retour de Thomas Riboud, ses réflexions intimes sur sa conduite parlementaire.

Un compatriote accidentel, Jean-Marie-Claude- Alexandre Goujon, — né en 1 766 à Bourg, où son père était directeur des aides et de la poste aux lettres, — n'avait que vingt-six ans, lorsqu' après le 10 août, il fut élu procureur-général-syndic provisoire du département de Seine-et-Oise.

A la suite d'un remarquable discours, prononcé à Sèvres en Thonneur de Mirabeau, la vie politique lui avait ouvert une brillante, mais dangereuse carrière. Après s'être distingué dans une mission à Tarmée de Rhin-et-MoselIe, il se compromit dans la journée du i^"" prairial, et se frappa lui-même pour ne pas monter sur l'échafaud.

Quand nous aurons à parler de son rôle à la Convention et de sa fin tragique, nous plaindrons sa jeunesse et nous rendrons hommage à la sincérité de ses convictions. Pour le moment, nous nous bornons, à signaler un de ses actes de Procureurgénéral-syndic.

A la nouvelle de la reddition de Longwy, notre jeune compatriote réunit son directoire et lui fit prendre, à la date du 3o août, les mesures les plus patriotiques : appel de tous les citoyens valides sous les armes, ouverture d'ateliers d'habillement et d'équipement, organisation de quêtes, abandon de tout excédant de 1200 fr. sur les émoluments administratifs, etc., etc. Nanti de cet arrêté, il se présenta, le i^"" septembre, à la barre de l'Assemblée législative, en exposa le motif, et en donna lecture. Après quoi il préconisa en ces termes les dispositions belliqueuses de ses administrés :

Législateurs, il nous est doux de vous dire que nous n'avons eu qu'à diriger le civisme de nos concitoyens. A peine notre arrêté a-t-il été connu de la municipalité de Versailles que, nous secondant avec sonzèle ordinaire, elle a fait battre la générale. Les citoyens étoient déjà sous les armes lorsque des commissaires, pris dans votre sein pour parcourir les départemens voisins de la capitale, sont arrivés. Ils n'ont pas eu besoin de longs discours pour exciter nos frères. Leurs cœurs généreux s'élevoient d'euxmêmes, et il a suffi de leur dire, « la patrie a besoin de

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