‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 42 sur 275 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

VOUS, » pour voir leurs bataillons s'ébranler, et offrir de nombreux de'fenseurs à la patrie.

Que ne puis-je vous rendre. Législateurs, tous les actes de dévouement dont nous avons été les témoins ! Nous avons vu, dans cette ville ruinée, le pauvre, le journalier, l'artisan, se confondre avec le riche pour apporter leurs épargnes et venir faire entre les mains de leurs magistrats une masse qui pût servir à nourrir les femmes et les enfans de ceux qui partiroient.

Nous avons vu des mères se présenter dans leurs sections avec leurs fils et nous dire : « Mon soutien, ma ressource, ma consolation, c'est mon fils^ mais la patrie en a besoin, le voilà. » Puis elles s'asseyoient et pleuroient. Nous avons vu des pères se précipiter au milieu de nous, les larmes dans les yeux, et nous dire : « Voilà mon fils ; je l'aime, je n'ai que lui ; il est bien jeune, veuillez lui servir de père ; moi, je vais défendre la patrie. » Nous avons vu de braves vétérans s'écrier avec l'accent de l'indignation : « Notre sang brûle encore ; et ces ennemis, nous les avons vaincus dans notre jeunesse, nous les vaincrons encore; nous voulons partir et mourir pour la liberté. » D'un côté, des citoyens s'élançoient pour s'inscrire les premiers ; de l'autre, ceux que des devoirs impérieux retenoient, se dépouilloient et se disputoient la gloire de donner leurs habits et leurs armes aux hommes vertueux que nulle considération ne pouvoit retenir.

Je n'entreprendrai point, Législateurs, d'achever le tableau dont mon âme est encore si vivement émue. Avant peu de jours, nous espérons vous présenter deux compagnies franches à cheval, un bataillon de 800 hommes équipés, armés et résolus de vaincre ; d'autres bataillons du reste de notre département les suivront bientôt ; et enfin, s'i.le faut, nous marcherons nous-mêmes, et nous vain-

crons ; car nous sommes libres, nous voulons l'être, et nous combattrons des esclaves (i).

L'Assemblée nationale, très satisfaite des résolutions de Seine-et-Oise, en ordonna l'impression, et le ministre Rolland, par une circulaire qu'on lit à la septième page, les proposa en exemple à tous les départements.

En exécution de la loi du 28 août, la commune de Bourg nomma, le 2 septembre, huit commissaires, deux par quartier pour procéder aux visites domiciliaires et désarmer les personnes suspectes, à savoir : 1° les nobles ; 2° les ex-religieux ; 3° les prêtres insermentés ou ayant rétracté leur serment, 4° les prêtres non tenus au serment constitutionnel qui refuseraient le serment civique; 5° les père, mère, femmes et enfants d'émigrés. Les commissaires élus, MM. Carabasse, Duhamel, Rollet, Pochon^ Debost, Chambi^e^ Colombet et Cochet (2), commencèrent leurs visites dès le lendemain.

Deux de ces messieurs poussèrent le zèle jusqu'à désarmer M. d'Aubarède, officier en congé dont le régiment était en Amérique. Mais les nobles

(i) Discours prononcé à la barre de l'Assemblée nationale le i" septembre 7792, l'an 4" de la liberté, par M. Goujon, procureur-généralsyndic povisoire du. département de Seine-et-Oise , imprimé par ordre de l Assemblée nation. le. Paris, de l'Imprimerie nationale, 8 p. in-8. — O'B.

2) Blancq-Désisles ne parut pas au Conseil pendant la première quin* zaine de septembre.

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