‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 43 sur 275 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

au service n'étant pas dans la catégorie des suspects, le Conseil ne put moins faire que d'accueillir la réclamation de M. d'Aubarèbe et lui rendit son épée.

Les tyranneaux de la municipalité se dédommagèrent par d'autres vexations. Le lo septembre, ils décidèrent que les maisons des ci-devant religieuses seraient complètement évacuées pour le 1" octobre. Le 19 septembre, ils demandèrent la révocation du directeur des Domaines, M. Rougeot, signalé ainsi que son fils comme ennemi de la Révolution. Le 5 octobre, ils donnèrent vingtquatre heures aux possesseurs de bancs dans les chapelles de l'église paroissiale pour les enlever, attendu que ces bancs attribuaient à des citoyens des places marquées, ce qui était contraire au principe de l'égalité (i).

Dumouriez, en prenant le commandement de l'armée du Nord à la place de La Fayette, voulait se porter au cœur des provinces belges pour faire diversion et préserver la France de l'invasion étrangère. Aussitôt qu'il apprend la capitulation de Lcngwy et le siège de Verdun, il se hâte d'accourir dans la forêt de l'Argonne pour intercepter la marche des alliés sur Paris.

(i) Registre municipal de Bourg.

Installé à Grandpré, il écrit fièrement au ministre de la guerre : « Les défilés de TArgonne sont les Thermopyles de la France; mais je serai plus heureux que Léonidas. »

Il n'a que 23 miUe hommes à opposer à 80 mille, jusqu'à ce que les armées de Beurnonville et de Kellermann aient triplé la sienne. En attendant, il s'assure du concours des habitants du pays à la défense des cinq passages de la forêt, en leur disant, dans une pompeuse proclamation, qu'ils vont combattre les satellites des despotes pour la conservation de leur liberté.

En quittant Verdun, le duc de Brunswick tente le passage des Islettes où il est repoussé par le général Dillon. Plus heureux au passage de la Croix-au-Bois, le prince de Ligne le force avec ses Autrichiens. Dumouriez envoie contre lui le général Chazot. Un combat s'engage dans lequel le prince de Ligne est tué; mais Chazot abandonne la place.

Dumouriez, menacé dans son camp de Grandpré, va planter sa tente sur les plateaux de Sainte- Menehould. Les alliés le poursuivent et se fourvoient dans un pays sans ressource. La misère et la désertion les déciment. Sur ces entrefaites, les corps de Beurnonville et de Kellermann font leur jonction avec Dumouriez.

Kellermann s'établit sur le plateau de Valmy.

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