CHAPITRE IV
Chargé par l'Assemblée constituante, dans les jours du mois de juin dernier, de visiter la frontière, de recevoir les serments des troupes de ligne, dois-je être confondu avec ces hommes qui abandonnèrent ou qui ont abandonné depuis le poste où la patrie les avoit placés ?
Je vous prie de déclarer que les vieux serviteurs qui, comme moi, n'ont pas demandé leur retraite, soient susceptibles d'être employés dans l'armée.
Envoyé à Tarmée de la Moselle, il prit donc une part glorieuse à la journée de Valmy, en commandant Tavant-garde que lui avait confiée Kellermann. « Ce fut, dit son biographe, dans le village de Hans que le premier combat eut lieu (à la pointe du jour \ la canonnade ne commença qu'à sept heures). Les Français surpris par Tennemi avaient reculé ; le général de Prez-Crassier les arrête, les ramène sur le terrain de Faction en les entraînant par son exemple -, mais reconnaissant que ses efforts sont impuissants devant un ennemi trop supérieur en nombre, il se replie en bon ordre et rejoint le gros de notre armée, sans avoir été entamé. Dirigé sur le centre, il conduit Pavantgarde devant Fontoy et repousse Tennemi avec perte à deux reprises différentes. Enfin, au camp de la Lune, il culbute plusieurs régiments prussiens et fait de nombreux prisonniers (i). ;)
1 1) M. D.ifay. Galerie militaire de l'Ain, p. loS.
La retraite des alliés livra la France au Jacobinisme. Le général de Prez-Crassier les avait du moins combattus avec bravoure. Un autre compatriote, le fameux Carra, de Pont-de-Veyle, au lieu de les combattre, les désarma par la corruption. Son rôle, comparable à celui des révolutionnaires de 1870, doit être flétri par tous les partis.
ï)ans SQS Annales patriotiques au 5 septembre 1792, il inséra une espèce de proclamation « aux soldats autrichiens, prussiens et allemands, » les engageant à quitter le service, des despotes et à s'unir aux soldats français pour défendre la cause de la liberté, qui est celle de tous les peuples.
....Ces François, leur dit-il, contre lesquels un vil ramas de ci-devant soi-disant nobles, traîtres à leur patrie, vous fait marcher, sachez qu'ils vous offrent une retraite honorable parmi eux. Ceux d'entre vous qui passeront dans la terre sacrée de la liberté', recevront chacun 5o livres, et auront une pension viagère de 100 livres; mais c'est la moindre re'compense qui vous attend au milieu d'un peuple libre : vous y trouverez partout des frères et des amis ; vous y verrez l'extrême différence qu'il y a entre l'état d'un soldat autrichien ou prussien, et celui de citoyen françois dont vous serez revêtus en arrivant. Vos chefs et vos tyrans vous cachent, autant qu'ils peuvent, non-seulement la vérité sur le caractère de la révolution françoise, mais les offres généreuses que vous fait l'auguste Assemblée nationale. Hommes d'Autriche, de Prusse, d'Allemagne, prenez votre parti, combinez entre vous les moyens de vous réunir en masse à vos frères les François ; que vos