CHAPITRE IV
bataillons en présence des nôtres lèvent subitement la crosse de vos fusils en haut, ce sera le signal de réunion et de paix entre nos soldats et les vôtres ; nous irons vous serrer dans nos bras, et tous ensemble nous combattrons cette vile et odieuse caste de soi-disant nobles et de soi-disant rois souverains, qui depuis tant de siècles oppriment, avilissent et minent les nations. Voyez l'étendard tricolore de France, c'est là, c'est sous ce drapeau sacré, frères d'Allemagne, de Prusse et d'Autriche, qu'est maintenant la liberté françoise, vous ferez dans un instant la conquête de la vôtre (i).
\]n post-scriptiim nous apprend que cette pièce fut traduite en allemand, imprimée à cinquante mille exemplaires et répandue dans l'armée austroprussienne par les frères et amis de toutes les contrées qu'elle traversait.
L'Assemblée législative tint sa dernière séance le 2 1 septembre 1792, à dix heures du matin. Le même jour, à midi et quart, la Convention se constitua dans une des salles des Tuileries (2 . Nommée pour deux années, la Législative avait siégé à peine un an. Elle emporta les malédictions des honnêtes gens. Les historiens, même les libéraux, ne lui ont pas épargné le blâme. Un des plus récents,
(i) Articles, notes et extraits d'articles tirés des Anniles patriotiques, p. 32, ouvrage déjà cité. .
(2) Le même jour elle siégea dans la salle du Manège. Elle ne prit posscision du Palais des Rois qu'à la fin de mai 1793.
M. Eugène Pierre, lui a consacré les lignes suivantes :
La victoire de Valmy remportée par Dumouriez, qu'elle avait placé à la tète des armées, a jeté un rayon de gloire sur son dernier jour, mais sans effacer le souvenir des proscriptions qu'elle avait décrétées, ni celui des massacres qu'elle avait laissé faire. Chargée par son mandat et par son serment de défendre la Constitution, cette assemblée avait favorisé tous ceux qui voulaient la détruire ; elle avait eu de lâches complaisances pour l'émeute et lui avait livré le chemin des Tuileries. Dans des vues de politique intérieure, elle avait déclaré la guerre sans préparatifs suffisants et compromis la défense du territoire ; par ses rigueurs inutiles contre le clergé, elle avait préparé le soulèvement des provinces de l'ouest ; elle léguait donc à la Convention une triple guerre à soutenir avec l'étranger, la Vendée et la Commune ( i ).
Uabbé de Montgaillard Ta plus longuement et plus vertement flagellée. Voici quelques-uns de ses coups de fouet :
L'Assemblée constituante avait été perfide, mais courageuse, du moins à son début. Celle qui l'a remplacée a, du premier au dernier jour, réuni la lâcheté à la perfidie. Arrivée avec la fièvre révolutionnaire, elle s'est acharnée à renverser ce qui restait encore de l'ancien état monarchique. Elle plonge la France dans l'abîme et fuit avec précipitation. Mais ses chefs se sont réservé de reparaître avec des attributions plus malfaisantes ; on va les retrouver^à la
{\)Hht. des Assemblées politiques, t. I, p. 112.