CHAPITRE IV
Convention où, soutenus des auxiliaires infernaux qu'ils auront évoqués, ils combleront la mesure du crime...
....Après avoir rendu deux mille cent cinquante décrets généraux ou spéciaux, elle laisse à la France : — la guerre avec deux grandes puissances du nord ; — la guerre civile dans la Vendée; — les colonies dévastées par les principes et les attentats du jacobinisme ; — les finances dans l'anéantissement après émission de deux milliards deux cents millions d'assignats ; — l'institution des visites domiciliaires ; — les développements de l'anarchie par les clubs et les comités révolutionnaires ; — l'habitude des massacres sanctionnés par les autorités.
Cette Assemblée a protégé les assassins et les brigands d'Avignon ; elle a refusé d'informer contre les égorgeurs de Paris ; elle a consacré le système absurde autant qu'atroce des condamnations en masse, des proscriptions de classes.
Enfin on ne saurait citer un seul bienfait, un seul service rendu à la patrie par cette assemblée dite législative (i).
Dans cette assemblée, envahie et dominée par les orateurs démagogiques, les députés d'opinions modérées furent condamnés au silence. Thomas Riboud se contenta de voter selon sa conscience et de rendre compte à ses concit03'ens des événements de Paris. Ses lettres sont peut-être à la préfecture; mais dans Tétat présent des archives, on ne peut les y chercher. Les dernières sont datées du 1 7 et
( ) Hist. de France depuis F Assemblée des Notables, t. III, 232, y» édition.
du 19 septembre, d'après la réponse des administrateurs de l'Ain, que nous transcrivons :
Bourg, le 22« septembre, 4» de la Liberté, et i<"- de l'Egalité (i). Monsieur et cher compatriote,
... Nous vous remercions des nouvelles que vous avez transmises à l'administration, tant dans votre lettre du 17e de ce mois que dans celle du 19". Vous nous parlez de l'entrée que doit faire en Savoye le géne'ral de l'armée du Midi. Nous ne savons rien de plus, quoique très rapprochés du camp. Depuis longtemps on nous annonce ce projet, et nous n'avons pas encore appris qu'il se soit fait aucun mouvement.
Notre département serait assez tranquille, sans les agitations qu'occasionne la circulation des grains, principalement le long de la Saône.
A Lyon, il vient d'y avoir une insurrection. Le peuple a pillé la majeure partie des magasins d'épicerie, et a taxé les comestibles.
Agréez, Monsieur et cher compatriote, les assurances de notre sincère attachement.
Les administrateurs du Directoire du département de l'Ain^ BocHARD, Baret, Jourdan, Guillon (2).
L'invasion de la Savoie ne pouvait être connue à Bourg le 22 septembre. C'est la veille seulement, le 2 1 , que Montesquieu avait passé la frontière. Le
(i) C'est la Commune de Paris qui institua l'ère de VEgalilé I EW^ décida que l'Acttreuse révolution du lo août devait commencer une ère nouvelle.
(2) Lettr* inédite. — Ph. L. D.