CHAPITRE PRExMIER
Première séance de la Convention, 21 septembre 17^2. — Girondins, Montagnards, et Crapauds du Marais. Abolition de la royauté; paroles atroces de Grégoire. — Conjlit entre l'Evêque constitutionnel de TAin et son Conseil épiscopal. — Mouvements populaires sur divers points du département ; les citoyens Cabuchet, Blanq-Desisles, Duhamel et Morand, délégués pour calmer le Biigey et le pays de Gex. — Episode des quatre déserteurs massacrés à Rethel ; ils avaient passé à Bourg. Mesures de rigueur prises par Dumourie^ contre le bataillon des coupables. Colère de Marat ; il poursuit Dutnouriei jusque dans le i^alon de Talma ; scène grotesque. — Armée dans le pays de Gex. Traité avec Genèx'e conclu par Montesqiiiou ; décret d'accusation contre le général qui se réfugie en Suisse. Le député de Pont-de-Vaux et deux de ses collègues avaient été envoyés en mission auprès de lui et l'avaient dénoncé. Leur visite dans l'Ain; ils nomment Rostain commissaire des guerres à Bourg.
Les élections s'étant faites sur le mot d'ordre des Jacobins, la Convention fut presque entièrement composée de révolutionnaires.
Les plus modérés, ceux qui voulaient s'emparer du pouvoir sans bouleverser Tordre social de fond en comble, siégèrent à la droite ; c'étaient les Giroîîdins, parmi lesquels on distinguait au premier rang Vergniaud, Brissot, Guadet, Condorcet, Isnard, Gensonné, Barbaroux, Kersaint, Buzot, Louvet, Lanjuinais et Pétion.
Les plus exaltés, ceux qui aspiraient, dans leur cynique ambition, à niveler toutes les couches sociales et à régner sur la France abrutie, formèrent la gauche de l'Assemblée ; c'étaient les Montagnards^ qui se divisaient en piirs^ tels que Pvobespierre, Couthon, Saint-Just, Billaud-Varennes, Marat, CoIlot-d'Herbois; — en corrompus ou Dantom'sîes, tels que Danton, Camille Desmoulins, Westermann, Philippeaux, Fabre d'Eglantine, Hérault de Séchelles, — et en Hébertistes^ groupe d'athées fanatiques commandé par Hébert, rédacteur du Père Diichesne.
Au centre se trouvaient les députés d'opinions flottantes, que Ton nommait dédaigneusement : les Crapauds du Marais.
Deux des six députés de TAin, MM. Mollet et Royer, votaient avec les Girondins. Les quatre autres, MM. Deydier, Gauthier-des-Orcières, Jagot et Merlinoz, étaient Montagnards.
Dès la première séance, 21 septembre, le comédien Collot-d'Herbois demanda l'abolition de la royauté. « Certes, s'écria l'évêque Grégoire, personne de nous ne proposera jamais de conserver en France la race funeste des rois ; nous savons trop bien que toutes les dyhasties n'ont jamais été que des races dévorantes qui ne vivaient que de chair humaine. » Et comme Bazire hasardait une observation pour la forme: « Qu' est-il besoin de'