CHAPITRE PREMIER
discuter quand tout le monde est d'accord, ajouta Grégoire. Les rois sont dans l'ordre moral ce que les monstres sont dans Tordre physique. Les cours sont Tatelier des crimes et la tanière des tyrans. L'histoire des rois est le martyrologe des nations. »
Un décret immédiat abolit la royauté. « Ainsi, dit l'abbé de Montgaillard, à la voix d'un histrion ambulant et d'un curé de village, la France est constituée république par environ trois cents individus ignorés jusqu'à ce jour, ou connus depuis deux ans par des actes répréhensibles. Etrange destinée du plus ancien état de la chrétienté ! Aussitôt tous les Français se transforment en républicains comme par un coup de la baguette de Circé, et,, pendant vingt-cinq ans, ils ne cesseront pas de se transformer comme le prescrira toute assemblée, tout dominateur ayant envahi la souveraineté [ï). »
L'abolition de la royauté fut fêtée à Bourg, le sept octobre. Dans sa séance du 9, le Directoire de l'Ain vota, au profit de ^L Chambre-Bottier, le paiement de 98 livres, prix des fournitures faites « pour illuminer la façade de la maison du département le sept octobre dernier, jour de la publication du décret,, portant abolition de la royauté. »
) Hist. de France depuis VAssemblée des Notables. ;« édition, t. Hl. p. ::39.
Cette publication solennelle eut lieu le 3o septembre, d'après le registre municipal, et Blanq- Desisles prononça un discours sur les avantages du gouvernement républicain.
Le second acte de la Convention fut d'achever la désorganisation administrative, en décrétant le 22 septembre, le renouvellement de tous les corps administratifs, municipaux et judiciaires, et en admettant tous les citoyens aux fonctions de Juge.
Le 24, à propos des mesures à prendre contre les provocateurs au meurtre, et aussi à propos d'une force publique à demander pour la Convention aux quatre-vingt-trois départements, la lutte s'engage entre la Gironde et la Montagne. Laissons-les aux prises jusqu'au jugement de Louis XVI, et occupons-nous des faits particuliers à PAin.
Le clergé constitutionnel, discrédité par son origine, le fut encore dans notre diocèse par un grave conflit entre ses dignitaires. Le scandale, ébruité à Belley depuis plusieurs mois, éclata le 25 septembre 1792. Ce jour-là, les « Vicaires cathédraux » formant le conseil épiscopal, publièrent un factum contre leur évêque. Le début de cette pièce va nous mettre au courant de la querelle :
Du 25 septembre 1792, l'an i^r de la République françoise ; dans l'Assemblée du Conseil épiscopal du départe-