‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 53 sur 275 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ment de l'Ain, où se sont trouvés MM. George-François RuBAT, Jean Perrin, Philibert-Gaspard Rollet, Claude- Marie Gauthier, Jean-Marie Pleney, Claude-Marie Groscassand-Dorimond ; un des membres a dit :

Messieurs, depuis sept mois nous ge'missons sur la désorganisation du Conseil, et sur son inactivité en ce qui concerne le gouvernement du Diocèse ; en vain pendant cet intervalle avons-nous été plusieurs fois supplier M. l'Évêque de nous convoquer, et de mettre un terme à cette coupable inaction, qui laisse les paroisses dans un état de souffrance ; en vain lui avons-nous observé qu'il étoit pressant de statuer sur les procès-verbaux des visites que nous avons faites dans tout le diocèse, il s'est constamment refusé à nos demandes.

Placés entre le respect que commande le caractère épiscopal, et les devoirs que nous impose la loi, nous écrivîmes, le premier août, une lettre à laquelle M. l'Evêque ne daigna pas faire réponse ; pressés par notre conscience et le serment de remplir nos fonctions avec exactitude, par les réclamations multipliées des pasteurs et des paroissiens, nous fûmes réduits, le dix du même mois, à la triste nécessité de demander juridiquement à M. l'Evêque la convocation du Conseil, et de lui faire notifier notre lettre du premier août. Toutes ces démarches n'avant point produit l'effet que nous avions droit d'attendre, nous présentâmes requête à l'Administration aux fins d'être autorisés à tenir le Conseil habituel et permanent dans une des salles de l'Evêché, et jusqu'à ce que ces bâtiments déclarés nationaux fussent aliénés.

Le 21 du même mois, le département ordonna « que notre requête et pièces y jointes seroient communiquées, parla voie du district de Belley, à M. l'Évêque, pour, sur SCS réponses rapportées dans le plus bref délai, avec

go NEUVIÈME ÉPOQUE.

l'avis du Directoire du district, être statué ce qu'il appartiendroit. » Cette communication fut faite le 25 suivant, et ce n'est que le 12 septembre que M. l'Évêque e'crivit en marge de notre requête « que ses observations se réduisoient h offrir à MM. les Administrateurs un exemplaire de sa Lettre circulaire du même jour. » Cet exemplaire m'est adressé par l'Administration, et je vais, messieurs, vous en donner connoissance (i).

Ici la circulaire est épluchée article par article ; elle est trouvée, de tous points, contraire aux lois, à la justice et à la religion. En conséquence, les « Vicaires cathédraux » arrêtent : que Tévêque sera prévenu de leur refus d'adhésion à sa circulaire, qu'il sera prié de la retirer au plus tôt, et de se concerter avec eux pour en rédiger une plus régulière ; à défaut de quoi ils porteront leurs griefs devant Tadministration du département et à la Convention nationale.

Une note fait connaître que, le i'^'" décembre 1791, révêque Royer avait destitué deux membres de son Conseil, MM. Roliet et Gauthier, et que le tribunal de Belley, par jugement du 25 mai 1792, avait qualifié leur destitution d'injuste et abusive. — Une autre note nous révèle que le vicaire cathédral Pleney*ne pouvait souffrir son collègue Peysson, lequel se permettait de lancer « d'arbitraires et infructueuses réquisitions aux prêtres non fonc-

^ (i) Délibération du Conseil épiscopal du département de l'Ain. Belley, "i 1792, 24 p. in-4°. — Ph. L. D.

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