‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 54 sur 275 · CHAPITRE PREMIER. 9I · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. 9I

tionnaires publics. » — Enfin, par les signatures des pièces justificatives, on voit que plusieurs membres du Conseil épiscopal, MM. Peysson, Roch, Burdet, Bourgeat, Clerc, Savarin et Biset, ne poussèrent pas la rébellion contre leur évêque jusqu'à signer le factum du 25 septembre et se séparèrent ainsi de leurs collègues.

La publicité de cette situation n'avait rien de flatteur pour l'église constitutionnelle. L'évêque Royer dut regretter sa cure de Chavanne, en pensant au poids de sa mitre et de son mandat de député.

Les vicaires cathédraux ne furent pas euxmêmes exempts de tribulations. A propos d'une lettre pastorale qu'ils signèrent le 4 décembre, le Directoire de TAin les fit dénoncer à l'accusateur public, et, lorsque le juge de paix les eût acquittés en déclarant « que la lettre pastorale n'avait pas été faite à mauvais dessein, » le Procureur-général-syndic Duhamel, dans la séance du 21 avril, demanda « que lesdits signataires Rubat, Rollet, Roch, Perrin, Gauthier, Groscassand-Dorimond, Pieney, Clerc et Bourgeat fussent mis en état d'arrestation, pour être de suite déportés dans les isles à ce destinées, et que la Conseil général mît sur le champ la matière en délibération. » Le Conseil, plus modéré que son procureur-général, ne délibéra que le 3o avril sur ce réquisitoire, et l'éluda

par un nouveau renvoi des pièces à Taccusateur public.

M. Duhamel, à ce qu'il paraît, n'aimait pas plus les prêtres constitutionnels que les insermentés.

Depuis le lo août, la hausse du prix des grains s'était maintenue, quoique la disette ne fût pas à craindre. Les massacres de septembre et la proclamation de la République n'apaisèrent pas la panique; des émeutes se produisirent sur plusieurs points de notre département.

Le « citoyen Duhamel, » nouveau procureurgénéral-syndic chargé du rapport sur la tranquillité publique et les subsistances pour le compte de gestion du 3 décembre 1792, craignit de compromettre le nouvel ordre de choses en peignant les désordres ; il les esquissa le plus légèrement possible, et les attribua aux spéculateurs qui avaient « tout fait pour discréditer les assignats, » et avaient « englouti par l'agiotage tout l'argent de la République. » Il résulte néanmoins de ses déclarations :

Que « les différentes agitations du peuple, principalement à Saint-Laurent, » avaient tenu « l'administration dans une activité perpétuelle sur les subsistances », et qu'elle avait pris à cet égard de

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