CHAPITRE PREMIER
se montre à deux lieues de Rethel, et ordonne de battre la générale. Mais, au lieu de se rallier sous leurs drapeaux, les amis de Palloy se saisissent des quatre prisonniers, et les mettent en pièces sur la place même de l'Hôtel-de-Ville, puis ils forment un rond autour des cadavres et dansent la carmagnole, en criant : « Voilà comme il faut traiter les aristocrates 1 »
A la nouvelle de ce meurtre, Dumouriez expédie au général Beurnonville l'ordre de faire assembler le bataillon de fédérés dit le Républicain, hors du village de Launoy dans lequel il est cantonné ; de le placer au centre d'un bataillon carré d'infanterie, d'artillerie et de cavalerie ; de lui faire enlever ses armes, ses canons, ses habits et ses drapeaux, afin de le contraindre à livrer les coupables. Ceux-ci doivent être dirigés pieds et poings liés sur Paris ; le reste du bataillon sera licencié et tenu d'aller se présenter devant sa section. Si la moindre résistance est tentée, le général Beurnonville est autorisé, après avoir renouvelé trois fois l'injonction d'obéir, à user de la force et à n'épargner aucun rebelle. Les ordres du général en chef sont accompagnés de la proclamation suivante, destinée à être lue sur le front du bataillon avant son licenciement ;
« Au quartier général de Vouziers, le 8 octobre 1792, l'an I" delà République.
I Hommes criminels, que je ne puis nommer ni
t citoyens ni soldats, la France entière frémit du crime
• affreux que vous venez de commettre. La vengeance
t des lois pèse sur vos tètes coupables. Livrez vos armes
« et soumettez-vous, ou sinon vous serez mis à mort sans
f miséricorde.
« Le lieutenant-général Beurnonville a l'ordre de vous
j « envoyer à Paris, sous l'escorte de cent hommes de la