‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 69 sur 275 · CHAPITRE II. Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. Il

nement contraire aux intentions des gardes nationaux auxquels on l'a fait prêter ;

Arrête que la phrase ci-dessus contenant ces mots : « de défendre dans toutes les circonstances, l'autorité légitime du chef suprême de la nation, i sera rayée, et que mention sera faite en marge dudit procès-verbal, ne voulant point laisser subsister un monument de principes anticonstitutionnels (i) et qui ne tendroient qu'à avilir ceux connus et dont se sont toujours fait gloire les citoyens patriotes composant la garde nationale de ce district...

Signé: SonTHOfiAx^ président -, Cottin, Guichon, Vanel, DupoRT, Jantet, Caire, Blanchet, B. Delilia, Procureur-syndic et YuiLLARD, secrétaire (2).

Un discours plus sensé avait été prononcé, le 2Ô novembre, par le maire de Belley, M. Jordand, lors de l'installation des magistrats élus par le peuple :

Citoyens nommés juges, leur avait-il dit, le droit de juger ses semblables est flatteur pour l'ambitieux, qui par là se croit au-dessus d'eux, pour l'homme vain qui ne voit que lui et ne cherche qu'à se satisfaire. Mais l'homme pensant et sensible (3) trouve ce droit terrible ; il voit des dangers à chaque pas, et il sait que la moindre erreur et l'injustice qui la suit entraînent toujours les plus funestes conséquences.

( ) C'est-à-dire contraire aux principes de la Convention, car l'autorité royale était le principe fondamental de !a Constitution de 1791.

(i;^ Extrait du procès-verbal de la session du Conseil d'administration du iistrict de Nantua. Bourg, 1792, 32 p. in-4». — Ph. L. D.

(-' ) Epithète mise à la mode par J.-J. Rousseau ; Ihomme sensible était on idéal.

Il6 NEUVIÈME ÉPOQUE.

Le cœur de • l'homme est un dédale dont les replis sont difficiles à pénétrer ; et ce n'est que par une longue expérience et après de sérieuses méditations que l'on peut y parvenir.

Une autre difficulté bien plus réelle encore, c'est de connoître cette immense mer de loix et de règles qui décident de nos fortunes, de notre honneur et de l'étendue de nos engagements, — qui se chargent du soin de nos vengeances, et qui veillent au paiement de ce qui nous est dû.

.... Impassibles comme elles, loin de vous tout esprit de parti, toute idée de prévention, toute idée de partialité. Faites que l'on sache que le peuple ne se trompe pas dans ses choix.

Dans un moment où le développement et le choc de tant d'intérêts forment les haines et les discordes, placés à la hauteur où vous devez être, arrêtez la licence, contenez les ambitieux, atterrez les agitateurs, et né vous occupez que de l'exécution active de toutes les loix; c'est aujourd'hui le but de toutes les autorités et la nation vous investit de toute sa force pour l'assurer. Protégez tous les citoyens, punissez les perturbateurs, punissez les séditieux, punissez les persécuteurs, punissez la mauvaise foi. Tel est le vœu de la nation, tel est le vœu des loix, tel est l'intérêt de la liberté; c'est là votre devoir. Sans la justice, il n'est ni gouvernement, ni liberté, ni patrie... (i).

Ces recommandations n'étaient pas superflues. Les montagnards du Bugey se ruaient sur les

(i) Discours de Jean-Marin Jourdand. maire de Belley, le 26 novembre 7792, l'an I" de la République française, jour de l'installation des citoyens juges du tribunal du district de la même ville. Belley, 1792, 4 p, in-4°. — Ph. L. D

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