‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 90 sur 275 · CHAPITRE IV. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. l

« sera envoyée aux quatre-vingt-quatre départements et aux armées par des courriers extraordinaires pour les informer du crime de lèse-nation qui vient d'être commis sur la personne de Michel Lepelletier. »

Cette adresse, rédigée par Barrère et adoptée dans la séance du 23, ne fut expédiée par le conseil exécutif que le 3 1, et le Directoire de TAin ne la publia que le 17 février.

Le but de la Convention était de prévenir un mouvement réactionnaire dont l'attentat contre Lepelletier pouvait être le prélude. Elle s'efforça de justifier le meurtre de Louis XVI et de le faire considérer comme le salut de la France. Nous ferons grâce au lecteur des filandreuses tirades qui accompagnent les phrases que nous allons en détacher :

Citoyens,

Le tyran n'est plus. Depuis longtemps les cris des victimes dont la guerre et les divisions intestines ont couvert la France et l'Europe, protestaient hautement contre son existence : il a subi sa peine, et le peuple n'a fait entendre que des acclamations pour la République et pour la liberté.

Nous avons eu à combattre des préjugés invétérés et la superstition des siècles pour la royauté. Des incertitudes involontaires, des inquiétudes inévitables accompagnent toujours les grands changements et les révolutions aussi profondes que la nôtre... Il ne reste plus que le bien qu'elles

ont produit par la mort du tyran et de la tyrannie, et ce jugement appartient tout entier à chacun de nous, comme il appartient à toute la nation....

La ville de Paris offre dans ce moment un bel exemple aux autres parties de la Re'publique : elle est tranquille. Cependant le crime n'a pu être "entièrement paralysé dans cette immense cite'. Un attentat vient d'être commis sur la souveraineté nationale. Un de vos représentants a été assassiné pour avoir voté la mort du tyran, et ses collègues sont encore menacés par les vils suppôts du despotime.

Citoyens, ce n'est pas un seul homme qui a été frappé, c'est vous; ce n'est pas Michel i..epelletier qui a été lâchement assassiné, c'est encore vous... etc.

Les Français se souviendront toujours que le défenseur de la liberté a expiré sous le fer assassin d'un royaliste, la veille du jour où le tyran devait expier ses forfaits sous le glaive des loix ; et la royauté sera de plus fort abolie.

Les hommes libres répéteront à leurs derniers neveux, qu'au moment où des esclaves et des superstitieux donnoient des regrets à un tyran, ils se réjouissoient intérieurement de l'assassinat d'un représentant du peuple : et l'aristocratie sera de plus fort abhorrée —

Que la nation se lève encore tout entière, et ces colosses usés du despotisme s'écrouleront bientôt sur euxmêmes. C'est vous tous, citoyens, qui avez contracté pour vous, pour votre postérité l'obligation de maintenir et de défendre les droits de l'homme. C'est pour vous, c'est pour notre sainte liberté que vos représentants ont abdiqué la paix et bravent tous les jours la mort ..

En assistant aux funérailles de Michel Lepelletier, nous avons tous juré sur le tombeau de ce martyr de l'opinion républicaine de sauver la patrie, et la patrie sera sauvée...

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