‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 92 sur 275 · CHAPITRE IV. l6l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. l6l

voir périr un individu. Il y a longtemps que je dis qu'un homme mort ne sert à rien, quoique dans cette hypothèse je pense que Louis XVI mort servira plus à la République que dans sa prison ou plutôt lui sera moins nuisible. Tels ont été les motifs qui m'ont arraché le vote de la mort et sa prompte exécution.

Ne pensez pas que ma négative sur l'appel au peuple soit un mépris de sa souveraineté : loin de moi une pareille idée, j'ai été et' je serai toujours un de ses plus zélés défenseurs: mais j'ai vu au contraire que ce seroit la méconnoître que de lui renvoyer ce qu'il nous a délégué (i)...

Ses électeurs ne l'avaient certainement pas délégué pour tuer le roi \ son devoir strict était d'admettre la sanction du peuple. Quant à son vote régicide, qu'il explique fort mal, on doit d'autant plus le lui reprocher qu'il était, comme Lepelletier, partisan de Tabolition de la peine de mort.

Si Ton veut être fixé sur les convictions politiques des régicides, il faut lire le curieux décompte fc.it par M. Mortimer-Ternaux ftome V., p. 5i5;. On verra que 1 2 1 de ces fiers Brutus, y compris M-M. Gauthier-des-Orcières et Merlino (2), se prélassèrent dans les plus hauts emplois de l'empire et adulèrent par conséquent le plus grand despote des

(i) Deuxième lettre. E. Devdier. député du dép. de l'Am à ses commHtants. Paris, imprimerie nationale, 12 p. in-8. — Ph. L.D.

(2) Le premier fat vice-président du tribunal de la Seine, et le second sijgea au Conseil des anciens e.aa Conseil des Cinq-Cents.

l62 NEUVIÈME ÉPOQUE.

temps modernes. Ceux-ci et i66 autres n'eurent que le remords pour punition en ce monde- mais pour 74 le châtiment ne se fit pas attendre : 3i moururent sur Téchafaud; 18 périrent de mort violente avant le 18 brumaire an VIIï, et 25 décédèrent pendant la Convention ou le Directoire.

Blanq-Desisles ne se contenta pas d'effacer de nos édifices les insignes de la royauté, il voulut aussi débaptiser les rues de Bourg pour leur donner des noms républicains. Le 21 décembre 1792, il se fit nommer commissaire avec les citoyens Rollet, Reydellet, Dufouret Bottier pour préparer cette importante rénovation, et le 14 janvier 1793, le conseil général de la commune, composé des citoyens Régnier, maire, Desisles, Carabasse, RoUet, Duhamel et Bonnet, officiers municipaux, et des citoyens Dufour père, Buget, Bottier, officier de santé. Gagneur et Chaigneau notables, après avoir ouï le procureur de la Commune, adopta et fit appliquer le projet des commissaires :

Le faubourg des Halles devint le faubourg du Jura. Le faubourg St-Nicolas — le faube. du Mont-Blanc. La rue des Halles — la rue de la Révolution.

La rue de la Prévôté — la rue Mably.

La rue des Bons-Enfants — la rue de la Fraternité.

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