CHAPITRE IV
tatée par MM. Bûchez et Roux à propos d'une discussion sur la liberté de la presse :
Robespierre, disent-ils, termina son discours par ces paroles : t Les blessures de la calomnie ne sont dange- « reuses que sous le despotisme : l'homme vertueux qui a s'est dévoué pour la patrie est calomnié : mais aussi la « liberté de la presse reste entière, et sans elle point de « liberté. » Royer, évêque de l'Ain, appuya les réflexions de Robespierre ; il cita les Apôtres et saint François de Salles : t Les premiers, dit-il, auxquels V Homme-Dieu àé- « Clara qu'ils seroient en butte à toutes les calomnies ; et « l'autre qui fut calomnié sa vie durant, malgré sa con- « duite irréprochable (i). »
La vente des biens nationaux, qui répugnait à la plupart des honnêtes gens, même aux amis de la Pvévolution, et qui par cela même, c'est-à-dire faute de concurrence, fut si profitable aux acquéreurs, cette vente du patrimoine de l'Église et des émigrés trouva un apologiste dans un de nos compatriotes.
Le i^"" août 1791, M. Dupuis, de Bourg, fit représenter à Paris une comédie en cinq actes et envers, intitulée : L'Artiste patriote ou la Vente des biens nationaux. Mais la réputation qu'il se fit avec cette mauvaise inspiration ne fut qu' éphémère. Malgré son talent, son nom n'est resté dans aucun recueil biographique, pas même dans celui de l'Ain. Lalande seul lui a consacré un petit
{i) Histoire parlementaire de la Révolution française, t. XI. p. 476.
article dans son journal manuscrit ; nous le trans-
Dupuis, jeune peintre et poëte, fils d'un marchand de Bourg, adonné au théâtre français comique et lyrique, sur le boulevard, au coin de la rue de Bondy, une pièce (L'Artiste patriote) relative à la Révolution, en cinq actes et en vers, qui a eu quelque succès. Elle est annoncée dans la Gazette universelle de M. Cerisier, du 7 août 1791. L'auteur avait joué la comédie à Bourg en société et aurait voulu- débuter aux Français, Je l'avais recommandé à La Rive, notre plus célèbre acteur ; mais on n'était pas content de son organe. Il avait peint les décorations pour sa pièce. — Son frère, capitaine de frégate en 1776.
A ces renseignements, nous ajouterons une brève analyse de L'Artiste patriote que nous avons sous les yeux.
Henri, le héros de la pièce, Partiste patriote, va chercher fortune à Paris avec son pinceau et sa plume, — Il est probable que Fauteur s'est peint lui-même dans ce rôle. — Il est admis au château de M. Clerville et devient amoureux de sa fille Elise, son élève, qui profite à merveille de ses leçons poétiques et politiques. Elle compose et chante les couplets suivants :
Enfin notre auguste Assemblée, Par ses soins et ses travaux, A la France longtemps troublée Rend le bonheur et le repos.