CHAPITRE PREMIER
des empires. Aussi que d'éloges ne devons-nous pas à ces esprits éclairés qui luttent contre cette aberration du siècle, en défendant les écoles et les doctrines chrétiennes, comme vient de le faire notre compatriote, M. le comte Douglas ; i) ! Ces hommes de cœur et de foi sont animés du vrai patriotisme lorsqu'ils réclament l'instruction religieuse, puisque c'est elle qui fait les bons citoyens et les vaillants soldats.
Le 22 novembre i79i,révêque constitutionnel de l'Ain annonce par lettre circulaire que son séminaire s'ouvrira cette année le 7 décembre et les années suivantes le i5 novembre. A cette occasion il édicté quelques prescriptions, parmi lesquelles nous notons les deux suivantes :
Aucuns prêtres, autres que les curés et vicaires, ne pourront entendre les confessions des fidèles, sans une permission expresse de notre part.
Pour tranquilliser les consciences, nous abrogeons, pour toute l'étendue de notre diocèse, tous statuts, ordonnances dont l'infraction faisoit encourir les censures, jusqu'à ce qu'il en ait été référé au synode, que nous convoquerons .aussitôt que les circonstances pourront le permettre (2).
) De l'Instruction primaire. Ce qu'elle fut avant 178g, ce qu'elle est Je nos jours, ce qu'on veut en faire, par le cpm/e Douglas. Bourg, 1S79; 4.8 p. grand in-8.
(2^ Lettre circulaire de M. l'évêque du département de l'Ain, adressée i MM. les curés, vicaires et officiers municipaux de son diocèse. 1791, + p. in-4<>. — Ph. L. D.
Le 25 du même mois, le Directoire de TAin publia le décret du 27 septembre précédent, sanctionné le 16 octobre, défendant de prendre dans les actes publics aucun titre, aucune qualification nobiliaires, sous peine : 1° d'une amende égale à six fois la valeur de la contribution mobilière; 2° de la radiation du tableau civique; 3° de Tinaptitude à tout emploi civil ou militaire (i).
Gauthier (des Orcières), qui signa Tordre de publication en qualité de procureur-général-syndic, supprima de nouveau son des Orcières^ qui cependant n'était point un titre de noblesse et servait simplement à le distinguer dans l'immense tribu des Gauthier qui florissait à Bourg (2;.
Le même jour, les révolutionnaires de l'Assemblée législative, dans la crainte du rétablissement de la puissance royale, instituèrent un Comité de surveillance chargé de découvrir et dénoncer les criminels qui tentaient de relever « le trône du despotisme. » C'était sous un nom différent la résurrection du Comité des recherches de l'Assemblée constituante, qui s'était rendu odieux par ses lettres de cachet et ses jugements occultes.
(I) Loi portant défenses à tout Citoyen français de prendre dans aucun acte les titres et qualifications supprimées par la Constitution. Bourg, 1791, 4 p. in-4"'. — C" D.
{^2)Vo\v\tPost-scriptum du i*' volume. &rt\c\e Singulière mission de M. Rubat.