CHAPITRE II
i-'abbé Ruivet persécuté far M. Gauthier (des Orcières); sa captivité, son procès; acquittements successifs à Bourg et à Lons-le-Saunier. — Lettre de M. Populm à Thomas Riboiid. — Lettre d'un habitant de Montluel à M. Gauthier ci-devant Des Orcières sur un abus d'administration, 12 janvier I7g2. — Lettre de M. Gauthier {des Orcières) à Thomas Riboud . — Lévêque constitutionnel; la ville de Belley ne se priasse pas de loger son séminaire et lui refuse un corps-de-garde. — Lettre d'un Savoisien. ami de la liberté, à un Français sur la condamnation à mort du patriote Caje. —Les volontaires de l'Ain partent pour la frontière, le 8 février i~g2 ; discours de l'abbé Barquet. — Pro~ clamation du district de Bourg pour le recrutement de l'armée ; lettre d'envoi du procureur-syndic, M. Buget. — Adresse aux nations lue au club de Bourg par Blanc-Desisles.
Le 6 janvier 1792, Fabbé Ruivet s'installait au presbytère de Loyes, par suite d'un accord spécial avec la municipalité. Lui-même va nous l'expliquer :
Dans le mois de décembre dernier (1791), j'ai reçu l'ordre de prêtrise à Fribourg en Suisse. De retour daris ma patrie (Meximieux), je fus invité par M. le curé de Villieu à desservir son annexe de Loyes. Je lui déclarai que je n'y consentirois que dans le cas où les Officiers municipaux n'exigeroient point de serment. Il leur fit ma proposi:ion. Après une délibération, la municipalité arrêta qii'on me recevroit sans prestation de serment, et qu'on me livreroitles clefs du presbytère pour y fixer ma rési-
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dence. Les registres de la municipalité de Loyes attestent ce que je dis. J'entrai donc en fonctions à Loyes, le 6 janvier. Tout paroissoit d'un bon accord ; il n'y avoit que la difficulté de percevoir le traitement de vicaire. Mais en entrant dans cette place, je n'y avois jamais compté. J'espérois trouver dans l'instruction que j'étois convenu avec eux de donner à leurs enfants, ce qui pourroit manquer à ma subsistance. La Municipalité comprit aussi que mon défaut de serment, condition essentielle, m'empêcheroit de recevoir ce traitement; elle me fit un certificat que je conserve, pour obtenir au moins, s'il plaisoit au district, les honoraires de desservant à résidence, sur ma promesse expresse d'y exercer les fonctions de mon ministère. Néanmoins je n'en ai fait aucun usage, et n'oubliez pas. Messieurs, que je n'ai reçu aucun traitement quelconque(i).
Installé depuis peu, Tabbé Ruivet refuse de bénir le mariage d'un couple, auquel une dispense de parenté avait été accordée par M. Royer, Tévêque constitutionnel. Puis, le premier dimanche de carême, il refuse aussi de lire à ses paroissiens le mandement dudit évêque. Les Officiers municipaux, oubliant que leur vicaire, accepté sans serment, et non rétribué, n'est pas tenu à reconnaître un autre supérieur épiscopal que Mgr. de Marbeuf, l'abandonnent aux partisans de l'évêque
\ï) Plaidoyer prononcé en l'audience du tribunal criminel du département de l'Ain, du samedi 16 juin 1792, par Claude-Joseph Ruivet, prêtre accusé el détenti dans les prisons de Bourgs. Bourg. 1792. .''2 p. in-8. A la suite se trouve Je jugeroent. .] pages. — C»"" D.