‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 128 sur 217 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

On voit par ce dernier alinéa que, — même avant le procès de l'abbé Ruivet, qui ne commença qu'au mois de mars, — la persécution religieuse était à Tordre du jour sous le syndicat de M. Gauthier (des Orcières), et que cet administrateur prêtait la main à certains abusai). Rendons-lui justice, toutefois, en disant avec l'auteur de la lettre que ni lui ni MM. Tardy, Bochard, Martinon, Barret et Vaulpré n'établirent leurs pénates dans Pancien hôtel de la province.

Une lettre de cette époque écrite à Thomas Riboud par le même administrateur, va nous apprendre que la défense de nos frontières était la préoccupation dominante :

Courg, ie 20 janvier 1792 Monsieur et cher Compatriote, J'ai reçu hier à huit heures du soir votre lettre du 1 5 janvier qui nous donne des nouvelles intéressantes sur les travaux de l'Assemble'e et son entier dévouement à la Constitution. Je l'ai communiquée sur le champ à MM. du Directoire. . .

Vous ne devez pas douter du courage et de l'ardeur de tous les Français à combattre leurs ennemis; mais il se

syndic du département de l'Ain, relativement à un abus d'administration, m s en vigueur par quelques-uns de MM. les Administrateurs du département, 16 p. in-8. — Ph. L. D.

T; Une note du manuscrit de Lalande, mars ou avril 1702, est ainsi conçue : « Le Directoire ferme les églises des couvents. M. Gauthier (des G cières), syndic du département, est plus enragé. ..

25o SIXIÈME ÉPOQUE.

trouve encore des de'partements qui ne sont point mis en e'tat de défense. Le nôtre est dans ce cas. Nous espérons que nos réclamations auprès du ministre, appuyées des bons offices de la députation, feront cesser notre dénuement.

Il faut que l'Administration donne la moitié de son temps à la partie militaire. Aujourd'hui notre 3« bataillon se forme. Il nous faut à cet effet des commissaires que nous ne trouvons que très difficilement. Nous sommes forcés à des avances qui ne nous rentrent que très lentement. Les municipalités du Bugey ne savent où prendre pour les avances et fournitures qu'elles doivent faire. Notre commissaire des guerres est bien disposé; mais il ne peut pas tout prendre sur son compte. Il ne trouvait pas des facilités dans M. Dupuis. Nous ignorons er\corequi lui succédera. Si ce n'est pas un bon citoyen, il sera mal accueilli; nous n'avons recommandé M. de Chazot que parce qu'il nous a été assuré qu'il étoit bien en état de remplir un commandement; aucun de nous n'a des relations avec lui.

Je vous envoie encore copie d'un arrêté pris hier relativement à nos ateliers de secours. Le Directoire vous prie de presser .le Ministre de l'Intérieur de nous envoyer les 3o,ooo livres qui furent accordées en mai 1790 à chaque département. Je ne doute pas de tout votre empressement à concourir à un acte de bienfaisance et d'humanité (1).

Je suis avec un inviolable attachement,

Votre compatriote, Gauthier (2).

(i) Les démarches de Thomas Riboud eurent plein succès : le ministre (!ahier, par une lettre du 2 février que nous avons sous les yeux, lui atinonça qu'il venait de donner des ordres à la Trésorerie nationale pour 1 envoi des 3o,ooo livres.

(2) Lettre inédite. — Ph. L. D.

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