‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 129 sur 217 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le clergé constitutionnel, quoique protégé par l'État, rencontrait peu de sympathie. L'évêque de Belley n'avait pas encore ouvert à la fin de janvier son séminaire annoncé pour le 7 décembre, et ne dormait pas tranquille dans son palais épiscopal. Ses partisans réclamèrent par pétition du 2 5 janvier 1792, Févacuation du couvent des Visitandines où devait être établi le séminaire, et demandèrent un corps de garde à la porte de l'évêché.

Le district et la municipalité réunis répondirent le 26 janvier, que le couvent des Cordeliers où les Visitandines devaient être transférées, n'était pas encore prêt à les recevoir, et qu3 l'évêque était suffisamment gardé par Famour de ses ouailles (1 .

Les signataires de cette réponse furent MM. Du- MOLTN, Perrez, Civoct, BaLme, administrateurs du Directoire ; Jourdand, maire ; Ponsard, Fornii:r, Charcot, Tendret, Plaxet, Lavigne, Peys- SON, GuiLLOT, Officiers municipaux ; Rivail, procureur de la commune, et Brun, secrétaire.

Les idées anti-monarchiques et anti-religieuses ijui agitaient la France portaient aussi leur ravage 1 1 étranger. Le Sénat de Chambéry fut obligé de oridamnerà mort, le 3o novembre 1791, Charles Ca:fe, auteur d'un écrit incendiaire : Le premier

[i) Adresse aux citoyens de Belley du 26 janvier lygs. Belley, 1792, p. in-4<>. — Ph. L. D.

252 SIKIKME KPOQUF.

cri de la Savoie ; et le coupable échappa au supplice en se réfugiant dans notre pays. L'un de sej compatriotes, non moins jacobin que lui, rendit compte de sa condamnation dans les termes suivants à un ami français :

Chambéry, 1792.

Vous allez être saisi d'horreur, mon cher Ami , er apprenant que le brave CafFe , cet ami de la liberté, ce zélé défenseur du peuple et de ses droits, a été condamnée expirer sous le fer des bourreaux par les juges iniques qu

composent notre Sénat avili. Les monstres! Ur

homme dit la vérité ; il veut ouvrir les yeux à ses concitoyens ; il veut les rendre libres et heureux, et il est condamné à la mort des scélérats. ..

Heureusement ce bon citoyen s'est arrêté sur la terre d( la liberté que vous avez le bonheur d'habiter ; il a par If suspendu la main homicide de ces juges vendus à la Cour et le crime n'est pas consommé.

C'est en vain que le roi de Turin prendra toutes les précautions que lui suggèrent les esclaves titrés qui l'entourent pour empêcher l'esprit de liberté d'entrer en Savoie, malgré lui, nous serons libres...

Nous passons quatre ou cinq pages d'impertinences furibondes contre les principes essentiels de tout ordre social, et nous arrivons au reproche fail à la France de conserver Tétat monarchique :

Mais, dites-moi, mon cher ami, par quel étrange aveuglement des Français libres se sont-ils donnés un maître r Par quel aveuglement plus étrange encore ont-ils éternist

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