Tome II. i
concours de Pétion, pour offrir à l'admiration di public « les victimes de la tyrannie et les martyr: de la liberté. »
Le projet d'entrée triomphale de ces quarante galériens souleva Pindignation de Roucher, 1( poète des Mois^ et d'André Chénier. Le premier à qui Ton proposa d'être l'un des commissaires d( la fête, répondit : « J'accepte, mais à la conditior que le buste du généreux Desilles sera sur le chai de triomphe, afin que le peuple contemple l'assassiné au milieu des assassins ! » Le second s'écria :
Les Romains gravaient sur l'airain les exploits des gêné raux à qUi l'on accordait le triomphe... J'imagine que h ville de Paris suivra cet exemple, et que ceux qui seront témoins de cette superbe entrée liront sur le char de victoire :
« Pour s'être révoltés à main armée, et avoir répondu â « la lecture des décrets de l'Assemblée nationale, qui le; « rappelaient .à leur devoir, qu'ils persistaient dans leui « révolte ;
« Pour avoir été déclarés criminels de lèse-nation au « premier chef par un décret de l'Assemblée nationale, du « lundi 16 août 1790;
« Pour avoir pillé la caisse de leur régiment ;
« Pour avoir dit ces mémorables paroles : Nous m « sommes pas Français^ nous sommes Suisses ; il nous « faut de l'argent ,•
« Pour avoir fait feu sur les gardes nationales de Metz « et autres lieux, qui marchaient vers Nancy, d'après les < décrets de l'Assemblée nationale (i). »
(i) André Chénier, Œuvres en prose, édition de 1872, p. 144.