CHAPITRE II. 2J
dans un mouvement de vivacité, dont il n'avoit pas été le maître, dit-il, lorsqu'il avoit entendu parler de la prison comme d'une punition trop douce pour un de ses collègues , et l'Assemblée, satisfaite de ses excuses, lui remit la peine qu'il avoit encourue (i).
L'émotion générale ne profita pas à l'abbé de Barmont : son acte d'humanité à l'égard de M. de Bonne-Savardin fut encore discuté, incriminé à la séance du 23 août, et il demeura plus de six semaines en état d'arrestation ; il fallut un jugement du Châtelet pour qu'il pût rentrer en jouissance de sa liberté. Ce fut seulement le 9 octobre qu'il reprit place parmi ses collègues. VAmi du Roi^ rendant compte de la séance du matin de ce jour, dit dans son n° cxxxiii :
La fin de cette séance a été remarquable par l'arrivée de M. l'abbé de Barmont qui, par sentence du Châtelet, avoit obtenu la veille sa liberté. Le côté droit et une grande partie des tribunes a témoigné sa joie de voir cette victime arrachée au despotisme du Comité des recherches; mais le côté gauche n'a pas fait paraître le même plaisir de voir son collègue justifié (2).
{■) Bertrand de Moleville. Histoire de la Révolution de France, t. III, p. 263.
(1) Cité par MM. Bûchez et Roux. Histoire parlementaire de la RévO' Wion, t. VII.p. 368.