‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 156 sur 217 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ment pourvu de grains, que la récolte donnait les plus belles espérances, et que le prix du blé subirait bientôt une forte diminution (1). Mais le lendemain, il était obligé, à la requête de M. Luckner, maréchal de France, commandant l'armée du Rhin, et de M. de Carové, maréchal de cam.p commandant le département, de prendre, en vue de l'approvisionnement de Parmée, des mesures inquisitoriales sur les ressources en grains, fourrages et voitures qui se trouvaient chez tous les propriétaires et cultivateurs 2).

Dès lors le pays fut en des transes continuelles. Une correspondance active du 3o avril au 8 juin, témoigne des préoccupations de nos administrateurs.

Le 3d avril, le Directoire de l'Ain écrit à nos députés que les marchés sont très mal approvisionnés en grains, qu'on ignore les dispositions présentes de la Savoie et qu'on sait seulement par une lettre de Valence « que le 18 avril il a été arrêté a Saint-Marcellin deux voitures d'argent en monnoye ancienne et seize pièces de canon qui alloient en Savoye (3). »

Le 2 mai, M. Gauthier (des Orcières) envoie à Thomas

(i) Avis aux Citoyens de la ville de P-ourg sur les subsistances. Affiche daiée de Bourg le 28 avril 1792, l'an IV* de la Liberté. — Ph. L. D.

(2; Arrêté du Directoire du département de l'Ain concernant les fournitures à faire à l'armée, tant en subsistances que chevaux, fourrages et voitures. Bourg, 29 avril 1792, l'an IV« de la Liberté. 4 p. in-4». — Ph. L. D.

(3) Lettre inédite, signée : Gauthier, Barel, Martinon, Bochard, Vaulpri'.. Rouyer, Jourdan. — Ph. L. D.

Riboud l'affiche du 28 avril, et termine sa lettre par ces mots : « On avoit quelque crainte pour le marché qui se tient aujourd'hui ; mais tout e^t fort tranquille. Il y a peu de vendeurs et peu d'acheteurs. — Le courrier de Strasbourg nous annonce que les troupes françoises occupent les défilés de Porentruy et qu'elles ont fait prisonniers 800 Autrichiens : je souhaite la confirmation de cette nouvelle (i). »

Le 7 mai, les Administrateurs du Directoire écrivent à nos députés : « Tous les avis que nous recevons des frontières s'accordent à nous dire qu'il arrive journellement des troupes piémontoises en Savoye, que l'on s'occupe de la formation d'un camp, et que les'milices ont reçu ordre de prendre les armes ; ainsi l'on ne peut révoquer en doute que le Roy sarde ne se dispose à la guerçe. Le gouvernement empêche aux François qui ne sont pas bien connus pour émigrés, d'y séjourner, en sorte qu'on ne peut espérer de renseignemens plus circonstanciés. — M. Carové part ce matin pour la frontière, pour être plus à portée de la défendre ; il y manque des hommes et des approvisionnemens. M. le maréchal Luckner en est informé; il y pourvoiera vraisemblablement. — Il seroit fort utile que l'officier qui commande en chef dans le département de l'Isère se concertât avec M. Carové pour s'aider respectivement en cas d'attaque de la part du Roy sarde. — Quelques municipalités frontières se plaignent de ce qu'à l'approche d'une guerre avec la Savoye, on laisse sortir les bœufs qui seroient fort nécessaires pour alimenter notre armée (2)... »

Le 9 mai, le Directoire de Gex écrit à celui de l'Ain ; il

(i) Lettre inédite. — Ph. L. D.

(2) Lettre inédite, signée : Gauthier, Jourdan, Vaulpré, Bochard. — Ph. L. D.

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