‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 157 sur 217 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

se loue de l'attitude amicale des magistrats de Genève : mais il se plaint de la Savoie qui ne tolère pas la cocarde tricolore, et il demande des troupes pour la défense du district (i).

Le même jour, le Directoire de Belley rappelle qu'il a déjà signalé, le 5 mai, l'extension considérable que prend l'exportation du bétail pour la Savoie, dit que cet accaparement excite les murmures du public et surtout l'indignation des troupes de ligne qui sont sur les frontières, et annonce que 5oo Sardes arriveront à Yenne, le i3 (2).

Le 1 1 mai, le Directoire de l'Ain écrit au président de l'Assemblée nationale et à nos députés qu'il a prohibe la sortie des chevaux, bœufs, moutons, etc., sauf l'approbation du Corps législatif et celle du Roi (3).

Le 16 mai, le commandant du département, M. de Carové, félicite en ces termes MM. du Directoire : « Ferney, i6mai 1792. — Messieurs, Les mouvements de la Savoye se font lentement ; même on vient de m'apporter la nouvelle que l'ordre est donné de retarder leur marche par le défaut de denrées qu'on n'a pu tirer de la France. C'est une bataille que vous m'avez aidé à gagner, en cédant h mes instances pour l'arrêté contre l'exportation des foins et pailles. — Le maréchal de camp employé dans l'armée du Rhin, signé : Carové (4).

Le 17 mai, M. Buget, maître chirurgien, dans une lettre de remerciement au sujet de la promotion de son fils à une sous-lieutenance dans le régiment de Barrois en gar-

(i) Lettre inédite, signée : Sédillot, Girod, Barberat, Dallei^ett et Bal- Uydier, procureur-syndic. — Ph. L. D.

(2) Lettre inédite, signée : Cyvoct, Balme, Perret, Dumolin et Ninos. — Ph. L. D.

(3) Lettres inédites, signées iTariy, Gauthier, Baret ,Jourdan. Rouyer, liochard. — Ph. L. D.

(+) Lettre inédite. — Ph. L. D.

nison à Toulon, mande à M. Riboud ce qui suit : « Les troupes Sardes nous inquiètent ; il y a une armée de douze mille hommes en Savoye, près de nos frontières. M. de Carové, notre commandant, fortifie la gorge de Châtillon-de-Michaille. Nous n'avons que peu de troupes ; mais on va faire un camp, je crois, dans la plaine de la Valbonne, sous les ordres de M. de Montesquiou (i).

Le i8 mai, les Administrateurs de l'Ain, adressent à nos députés copie de la lettre de M . de Carové. Pour donner une idée de la cherté des subsistances, ils disent que le pain se vend « cinq sols la livre et la viande huit sols (2).»

Le 23 mai, les députés de l'Ain font connaître au Directoire du département que, malgré leurs pressantes démarches, ils n'ont pu obtenir de l'Assemblée nationale la confirmation de son arrêté de pr.ohibition du 29 avril, et laissent entendre que la loi du 1 1 mai aura le même sort. « L'Assemblée, comme nous l'avions prévu, a craint, disent-ils, qu'à l'avenir et sous différents motifs, d'autres corps administratifs ne pussent prendre des arrêtés que les localités semblent rendre nécessaires, mais qui peuvent ne pas s'accorder avec des vues générales (3). » MM. du Directoire devaient être assez embarrassés entre l'Assemblée nationale qui ne voulait pas de prohibitions et l'autorité militaire qui les jugeait indispensables, comme la lettre suivante le témoigne encore. Ils se décident à lever leurs prohibitions par arrêté du 29 mai, mais en même temps ils en justifient l'opportunité dans une longue adresse (4).

Le 3i mai, M. de Montesquiou, général de l'armée du Midi , écrit de Belley aux Administrateurs de l'Ain :

(i) Lettre inédite. — Ph. L. D.

(2) Lettre inédite. — Ph. L. D.

(3) Note inédite. — Ph. L. D.

(4) Adresse du Directoire du\dépar tentent de VAin à l'Assemblée nationale. Bourg, 29 mai 1792, 8 p. in-4''. — Ph. L. D.

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