‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 164 sur 217 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

effet, cet acte d'accusation prête précisément à Juliéron l'intention du vol que M. et madame Loubaz ne lui ont pas nominativement reproché ; il suppose gratuitement que cet accusé a donné à M. Loubaz un coup de poing dans la poitrine, qui l'eût renversé s'il n'eût été retenu dans sa chute ; enfin il suppose encore qu'il a passé la nuit au château, qu'il y a causé des violences, gâté du pain et emporté du vin (i).

Les dénégations de M. Sibuet n'eurent pas plus de succès auprès du tribunal de cassation qu'auprès du tribunal criminel. La condamnation fut confirmée. Mais comme l'esprit public était déjà perverti et que les Frères et amis soutenaient volontiers les gredins qui outrageaient et maltraitaient la noblesse, le peuple de Bourg s'émut à la nouvelle du rejet de la requête : il se porta en masse chez le commissaire du roi, M. Valentin du Plantier, puis au palais de justice pour obtenir un adoucissement à la peine du condamné; on cria que c'était le commissaire du roi qui l'avait jugé, qu'il pouvait lui faire grâce, qu'il avait sollicité, pendant son séjour à Paris, la confirmation, du jugement, toutes choses également absurdes; on alla jusqu'à traiter ce magistrat de mauvais citoyen^ de scélérat dont on devait se défaire.

M. Valentin du Plantier protesta, le 8 juillet, contre ces propos et ces menaces :

(i) Requête en cassation setyant de mémoire justificatif pour Claude Juliéron, condamné en six années de fers. 24 p. in-folio, — Ph. L. D.

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